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18/05/2011

Un "ange" chez les loubards...

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Je n’ai jamais aimé la bagarre, j’en ai peur et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais donné ni reçu de coups violents. Je suis plutôt du genre à parler, à discuter et à régler un problème par la discussion plutôt que par les poings. D’aucun diront que je ne suis pas un « homme », cela ne me fait rien, je me fous de ces critères machistes et stéréotypés comme la force, l’aptitude à la bagarre de la grosseur ou de la longueur de tel ou tel attribut.

Bref, tout cela pour vous parler d’une anecdote qui m’est revenue en écrivant l’article sur le maraudage des prunes. C’est durant ce séjour de vacances que j’ai fait la connaissance de quelques « durs » et notamment de B. qui avait la réputation dans la petite ville proche de mon village d’être un loubard, aimant la baston et voleur de mobylette à ses heures.

B était un garçon charmeur, très attachant et je me suis lié d’amitié avec lui, une camaraderie franche et saine comme on peut les connaître parfois. Je me souviens qu’il souffrait d’une maladie sanguine assez grave, ce qui expliquait son comportement, son envie de brûler la vie par les deux bouts, c’est cela aussi que j’avais aimé chez lui.

Nous nous sommes séparés à la fin du séjour en nous promettant de nous revoir et je me souviens de B. me disant de ne pas hésiter à le solliciter si un jour j’avais des ennuis.

 

Un an ou deux après, je suis invité par ma cousine à une « boum » organisée par la section de « Jeannettes » de Caudry, la ville voisine. A l’époque, j’étais en plein dans ma période rebelle et même si le côté scoutisme ne me branchait pas du tout, j’avais, de bonne grâce, accepté l’invitation et je m’y étais rendu un samedi soir avec les potes du village.

La soirée se déroulait sagement lorsque soudain, une bande de loubards dont certains avec une mine patibulaire, fit irruption dans la salle. Pour être tout à fait franc, je n’en menais pas large et un vent de panique avait commencé à souffler dans la petite salle.

Soudain, j’entendis une voix connue m’interpeller. C’était mon ami B. qui sourire aux lèvres vint alors chaleureusement me saluer. Heureux de le revoir, je luis offrais une clope et nous discutâmes de choses et d’autres.

C’est alors qu’une chose extraordinaire s’est produite :  tous les membres de la bande, un par un sont venus me serrer la main ou me taper sur l’épaule en me disant que si j’avais un problème, je pouvais compter sur eux. Mes potes du village qui connaissaient leur réputation n’en menaient pas large et me regardaient effarés. Ma cousine était rouge de honte et ne se gêna pas pour me le glisser discrètement à l’oreille.

Moi, j’étais bien, ces gars là avaient quelque chose de sincère, cette sorte de code d’honneur bizarre qui dit que lorsque tu es pote avec un mec de la bande, tu es pote avec toute la bande.

Lorsque j’expliquais à B. que c’était ma cousine qui organisait la soirée, ils partirent tous sans encombres au bout d’une heure sans chercher à nuire à quiconque. Mon ami B. et moi nous nous sommes fait l’accolade et chacun de ses comparses est à nouveau venu me saluer.

Je crois que si ce soir là, je n’avais pas été là, la soirée aurait certainement mal tournée car ne nous leurrons pas, B. et sa bande cherchaient la bagarre. Ma cousine est d’ailleurs venue à la fin  me présenter ses excuses quant à son attitude à mon égard, consciente que je leur avais évité des ennuis.

Je n’ai jamais revu B., je ne sais pas ce qu’il est devenu et j’espère sincèrement qu’il va bien et qu’il est heureux.

Je n’ai jamais revécu ce genre d’expérience mais presque chaque détail est encore présent dans ma mémoire, je n’oublierai jamais que pour un soir j’ai été un enfant de chœur parmi les loubards.

20:44 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0)

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