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09/08/2014

Mon Tepaz est naze !

Ma première chaîne Hi-Fi, je me la suis achetée alors que je venais de commencer à travailler, quelques mois après l'obtention de mon BTS. J'avais 19 ans.

Elle était composée d'une platine TD, d'un ampli et de deux enceintes. C'est un souvenir fabuleux quand, une fois installée, j'ai pu écouter mes disques avec une qualité sonore toute autre que celle que j'avais connue jusqu'alors.

En fait, mes premiers appareils de lecture furent des vieux électrophones que je récupérai et que je bricolais pour essayer d'avoir quelque chose d'à peu près correct en terme de son. J'ai écouté mes disques sur ces vieux crin-crin pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'ils lâchent.
Ensuite, quand j'ai eu un lecteur de K7 audio (un petit Telefunken), j'ai bricolé les fils pour pouvoir amplifier le son sur les hauts parleurs de mes vieux « Tepaz » partis au cimetière des électrophones.

 

Par la suite, j'ai ajouté un lecteur K7 à ma chaîne HI-Fi ainsi qu'un lecteur de CD et aujourd'hui, j'écoute mes albums numérisés sur mon ordinateur directement relié à mon ampli, ce bon vieux Sony que j'ai depuis 31 ans.

Aujourd'hui, en quelques secondes, on charge un album en quelques secondes sur son ordinateur et ensuite on le transfère sur n'importe quel support amovible (clé USB, lecteur MP3 ou 4, tablette, portables etc...), ce sont des gestes devenus quotidiens et d'une grande banalité.

Et pourtant, l'époque où j'écoutais des 45 tours et des 33 tours sur de vieux électrophones n'est pas si loin...Cleo.jpg

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11/11/2013

Champ d'horreur

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Ce matin, en me réveillant, je me suis souvenu des « 11 novembre » de ma jeunesse.  Dans les années 70, les élèves de l’école étaient  tenus, le jour de la commémoration, de se rendre au monument aux morts de mon village (Bevillers, nord), de rejoindre l’instituteur et d’assister à la cérémonie.

Il y avait les représentants des trois sections d’anciens combattants  dont celle de 14/18 qui ne comportait qu’un seul homme, à la moustache blanche, que tout le monde appelait le père Loriot. Le maire du village y allait de son discours avant d’énumérer le nom des jeunes du village tombés au champ d’honneur (ou d’horreur comme je le comprendrai plus tard).

Je me souviens de ces matinées brumeuse où nous grelottions de froid debout, en attendant la fin que le maire invite les adultes à le rejoindre à la salle des fêtes pour le vin d’honneur et les enfants pour la distribution de « coquilles », petites brioches avec lesquelles nous repartions ensuite à la maison. C’était une autre époque, d’autres temps, d’autres mœurs.

Cela fait partie de mes souvenirs d’enfance mais aujourd’hui, alors qu’il ne reste aucun survivant de la « grande guerre », je sais réellement ce qu’il s’y est passé, pourquoi et comment des milliers de jeunes gens sont allés mourir dans la boue, le froid, le ventre noué par la peur. Je n’aime plus regarder le fier soldat brandissant une couronne de laurier sur la stèle du monument, figé dans un geste éternel. Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces gamins, fauchés au seuil de leur vie par la mitraille, à ceux qui sont rentrés mutilés et dont la vie a été définitivement brisée. Je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ont donné leur vie, non pour la patrie comme on l’écrit dans les livres d’histoire scolaire mais parce que des intérêts politiques et financiers étaient en jeu et que ces gens, quelle que soit leur nationalité, n’étaient que des pions, diaboliquement déplacés sur le grand échiquier de la mort.

Aujourd’hui, mes seules pensées vont vers tous ces jeunes hommes dont le sang a imprégné le sol de l’Europe pour rien.

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22/03/2013

Coke en stock

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Il aura fallu une discussion chez un client cette semaine pour que je me souvienne que j’avais noté dans un coin de parler de cette profession qui a quasiment disparue, celle de marchand de charbon.

Cela ne parlera pas aux plus jeunes mais pour ceux qui, comme moi, ont vécu au village fin des années 60 et dans les années 70, cette profession jadis prospère existait un peu partout. Il faut dire qu’à l’époque, bon nombre de foyers étaient encore équipés de poêle à charbon.

Pour illustrer mes propos, je vous parlerai de celui que j’ai connu, Joseph, le marchand de charbon du village de mon enfance. Sa maison se situait à quelques mètres de celle de mes parents, de l’autre côté de la petite place qui aujourd’hui, s’appelle la place verte. C’était une grande maison, toute en longueur avec un hangar sur le côté et une grande cour dans laquelle étaient entreposés les différents types de charbon, en boulets ou en morceaux. A l’intérieur du hangar, d’un côté les sacs remplis et les sacs vides et de l’autre, un stock de caisses de boissons (eau minérale, limonade, vin, bière) car en plus de vendre du charbon, Joseph avait étendu son activité à la livraison de boissons.

Quand je l’ai connu, il ne venait à la maison que pour nous livrer les caisses de bouteilles d’eau et de bière en grandes bouteilles de verre. Nous préparions les caisses avec les consignes pour faire l’échange. Par contre, il y avait un certain nombre de maisons où il livrait encore du charbon : soit par sacs qu’il déposait, soit en versant le charbon par une trappe qui donnait dans la réserve à charbon des habitations (en général à la cave). Il reprenait ensuite ses sacs et les repliait soigneusement sur le plateau du camion.

Je me souviens bien de lui, il était calme, introverti, peu causant et je l’ai toujours connu avec quelque chose sur l’épaule, la tête légèrement de biais, ses vêtements noircis. On avait peine à le reconnaître, le dimanche, quand il sortait rasé de près et habillé en costume.

En ville, au village, à une époque cette profession était répandue, certains ont étendu leurs activités, d’autres ont fini par disparaître mais je revois bien ce vieux camion Citroën gris si caractéristique que l’on voyait fréquemment dans le village. C’était il a longtemps, dans une autre vie…

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02/12/2012

Mes années 45 tours

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Je devais avoir dans les 9/10 ans lorsque ma mère m’a montré un jour ses disques 45 tours. J’étais très impressionné car je n’imaginais pas ma mère écoutant de la musique et possédant des disques, cela me paraissait étrange et surprenant à la fois, ça m’a néanmoins rendu fier d’elle.

Il y avait des disques d’Aznavour, Enrico Macias, Edith Piaf, mais celui qui m’a le plus surpris celui de Paul Anka. Jamais je n’aurai imaginé ma mère écouter des disques en anglais.

A l’époque mes parents possédaient un tourne-disque « valise » avec une sorte de tour que l’on pouvait clipser au milieu du plateau et sur lequel on empilait les 45 tours. Cela permettait d’en écouter une dizaine à la suite car une fois le disque terminé, le bras se retirait et le disque suivant tombait sur le précédent et ainsi de suite jusqu’à la fin. A l’époque (je vous parle du début des années 70), c’était pour moi une technique géniale).

Qu’est ce j’ai pu en écouter des disques sur cet électrophone. Par la suite, lorsque j’ai eu mes propres 45 tours, j’installais dans ma chambre, le tourne disque, des documents divers, papiers, stylos, un faux micro, et je créais des émissions de radio imaginaires en faisant défiler les disques comme en « vrai ». Parfois aussi je mimais les artistes en faisant du play-back et en m’imaginant chanter à la télévision dans une émission de « variétés » comme elles existaient à l’époque.

C’est surtout le disque de Paul Anka, « Lonely boy » et « Sing, sing, sing » que j’ai quasiment usé car c’était le premier disque anglophone que je pouvais écouter (voir la photo en illustration). Je crois me souvenir que lors d’une soirée animée en classe de 6éme, j’ai chanté en play-back sur ce titre, c’était en 1975.

Aujourd’hui on ne se rend pas compte la chance que l’on a grâce aux CD et à Internet, la chance que l’on a de pouvoir trouver des centaines de chansons. L’informatique, permet aussi d’en stocker des quantités industrielles. Il ne faut pas oublier qu’il y a 40 années à peine, les chaînes stéréo faisaient leurs premières apparitions et que tout le monde n’avait pas les moyens de s’en procurer.

Sacré bon souvenir que cette époque où je commençais à découvrir la musique. La flamme m’animait déjà mais je n’imaginais pas qu’elle allait embraser mon esprit et mon âme de cette façon.

 

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11/02/2012

Beatles,cassette, lunettes et gouache

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Quand j’étais plus jeune, en 1977, mes parents ne roulaient pas sur l’or. J’ai 1 frère et 3 sœurs et seul mon père travaillait.

Je n’ai jamais manqué de rien mais la plupart du temps nous devions partager et certains luxes ne nous étaient pas permis. A l’inverse de certains de mes camarades d’école, nous ne possédions pas de chaîne stéréo. Du coup, j’avais récupéré deux haut parleurs qui provenaient de vieux électrophones datant des années 50 et j’avais bricolé un système me permettant de les brancher sur le petit lecteur de K7 audio que m’avait offert mon parrain (c’était un Telefunken avec une seule touche pour lire, bobiner et rembobiner).
L’autre souci, c’est qu’à part essayer de piquer des morceaux à la radio, je n’étais pas riche en cassettes et à cette époque, déjà fan des Beatles, je rêvais d’avoir les deux albums de compilation qu’on appellait le rouge et le bleu.

Un jour, en cours de dessin, un lundi matin (je m’en souviens comme si c’était hier), deux de mes copains me mirent au pied du mur et l’un deux m’a proposé en plaisantant le pari suivant :

-Si tu peins tes lunettes à la gouache, je te donne ma cassette des Beatles « L’album bleu » !

En quelques secondes, ma décision fut prise, je m’emparais de mon pinceau et recouvrait mes verres de lunettes de peinture pour ensuite les chausser sur mon nez. Tout cela sous l’œil ébahi de mes copains et de la prof de dessin qui me fit forcément une remarque et des menaces de colle si je continuais à faire l’imbécile.
Il m’a suffit ensuite de nettoyer mes lunettes sou l’eau et de récupérer mon « précieux » honnêtement gagné.
J’ai du patienter une semaine car à l’époque j’étais pensionnaire et ne rentrais que le samedi midi mais je ne vous raconte pas ce que fut mon régal de pouvoir écouter les « Get back » « Penny lane » « Strawberry fields » ou autre « Sergent Pepper » à la maison. Je m’en pourlèche encore les babines.
Aujourd’hui je possède plusieurs exemplaires de l’intégrale des Fab Four en CD (il ne me manque que « Live at the Hollywood bowl » et « Rock n’ roll music ») mais je garde un souvenir doux et agréable de ce moment et de ceux qui ont suivi après.
J’ai une copie de ce CD dans la voiture et quand je l’écoute je souris en repensant à cette époque où j’aurai fait n’importe quoi pour avoir cet album.

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26/01/2012

le tas de sable jaune...

sable jaune.jpgMardi après midi, en sortant de chez un client à Steenwerck dans les Flandres, j’ai traversé la place de la ville en pleins travaux. Ils sont en train de paver la place et ce sera sympa une fois fini. En attendant c’est le bourbier avec des engins de chantier, des tas de pavés et des grands tas de sable jaune.
Le sable jaune, voir cela m’a fait une nouvelle fois repartir bien des années en arrière, il y aura bientôt 40 ans.
Mon père était artisan et il touchait à tout. Lorsque c’était nécessaire, il faisait du ciment ou du mortier et dans la cour, près de son atelier, il y avait toujours des tas de sable, soit du gravier, soit du sable jaune que l’on adorait tout particulièrement mon frangin Fred et moi.
A cette époque, nos jouets étaient souvent des indiens et des cow-boys en plastique et le tas de sable jaune était un endroit rêvé pour y faire évoluer nos personnages et inventer des histoires.
Notre père n’était pas toujours ravi mais il nous laissait souvent tracer des routes, creuser des ravins et laisser aller notre imagination fertile qui nous transportait dans des mondes imaginaires avec le far west comme décor.
Que d’histoires inventées, nombreux sont les héros qui ont vécu de folles aventures, qu’ils soient peaux rouges ou visages pâles, je suis sur que mon frère s’en souvient comme si c’était hier.
Quand j’ai vu ces grand tas de sable lundi, je me suis dit que si on avait eu encore 8 ou 10 ans, on se serait éclatés comme des fous, comme quoi il ne faut pas grand-chose pour s’amuser et qu’avec de l’imagination les choses les plus simples peuvent devenir le décor d’histoires extraordinaires.

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19/01/2012

Phares jaunes...

PHARES JAUNES 006.jpgVoilà plusieurs fois cette semaine que je croise des voitures avec des phares jaunes…

Il y a maintenant un certain nombre d’années que les voitures françaises sont passées au phare blanc et même ma vieille ZX toute pourrie en est équipée, c’est vous dire.

Tout cela n’a rien d’extraordinaire sauf que comme d’habitude mon cerveau s’est mis à bouillonner et qu’il a ouvert la trappe aux souvenirs.

Je me souviens de ces week-ends fin des années 70, début des années 80, où il était encore de mise d’aller rendre visite de façon assez courante à la famille. Il n’était pas rare que nous allions chez les cousins, les oncles et les tantes et inversement.
C’était une époque où l’on se voyait très régulièrement, où entre cousins on s’amusaient comme des fous et inventions des jeux que nous arrêtions à regret au moment du retour.

Nous montions alors dans la 404 à cinq derrière avec mon frère et mes trois sœurs et nous faisions les quelques kilomètres pour rentrer de Cambrai, du Cateau ou de Caudry pour la maison familiale.
C’est alors que la nuit étant tombée, nous croisions les voitures qui nous éclairaient de leurs phares jaunes et je me souviens qu’avec mon frère, nous avions l’habitude de signaler à notre père les voitures belges car dans la région, à l’époque, elles étaient déjà équipées de phares blancs et à part nos voisin d’outre-quiévrain, on voyait peu d’étrangers.

Aujourd’hui, toutes les voitures sont équipées de phares blancs et on croise sur les routes de nombreuses voitures de nationalités différentes.

Voilà, c’est tout pour ce soir, j’avais juste envie de raconter ce petit souvenir qu’ont rallumé en moi quelques feux jaunes…

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20/12/2011

O TEMPORA, O MORES...

La pension.jpgLa pension 001.jpg

Ce matin, en feuilletant un magazine, je suis « tombé » sur deux photos d’un autre temps qui m’ont rappelé des souvenirs lointains mais toujours bien présents dans ma mémoire.

En 1974, je suis rentré en 6éme dans une Institution située à 9 kms du village où j’habitais.

Mes parents, pour des raisons pratiques et aussi pour m’apprendre à vivre en communauté m’avaient inscrit au pensionnat. J’arrivais le lundi matin et je rentrais chez mes parents le samedi midi.

J’avais 10 ans et les premiers jours furent un peu difficiles mais petit à petit je m’y suis habitué et j’ai fini par être « pensco » pendant 4 ans de suite.

Nous dormions dans des grands dortoirs et nous étions une bonne cinquantaine, les lits étaient en fer avec un sommier fait de grandes lattes métalliques qui parfois grinçaient fortement. Sur la photo que j’ai joint à cet article, les enfants sont plus vieux que moi mais le dortoir est identique à ceux que j’ai connus.

Chaque matin, la sonnerie nous réveillait et nous allions nous débarbouiller succinctement car il n’y avait que de l’eau froide (et oui !) mais nous y étions habitués et aucun d’entre nous ne se plaignait. D’ailleurs une année, dans un des dortoirs il y avait cet espèce de grand lavabo commun (comme sur la seconde photo) avec des robinets en cuivre. On s’amusait à faire glisser les savonnettes au grand dam du pion qui surveillait le dortoir.

Pour les jeunes d’aujourd’hui et même pour certaines personnes de ma génération, ces conditions de vie peuvent paraître spartiate mais j’ai appris à me débrouiller et à vivre avec les autres. Vous pouvez imaginer qu’il y avait tout un tas de garçons différents, de milieu divers et certains n’étaient pas toujours très raffinés.

Je ne regrette rien de cette période car elle m’a beaucoup appris et même si la vie s’est chargée par la suite de m’endurcir, j’ai passé de bons moments à cette époque de ma vie. D’ailleurs c’est là que ma passion pour la lecture est née car le soir, en permanence, une fois les devoirs finis, je n’avais rien d’autre à faire que de me plonger dans la lecture des Bibliothèque Verte ou autre Marabout, les aventures du club des 5, les 6 compagnons, les aventures de Bob Morane, les enquêtes de Sherlock Holmes ou d’Hercule Poirot, etc, etc…

Je me suis aussi fait plein de copains dont malheureusement j’ai perdu la trace, c’est la vie, d’ailleurs c’est peut être mieux ainsi…

Voilà, il y avait longtemps que je n’avais pas pris le temps d’écrire et j’espère que ce petit voyage dans mon passé vous a plu.

A bientôt pour de nouvelles aventures…

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14/11/2011

"L'affaire des sapins"

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Lorsque nous étions enfants, mes parents, pour séparer le jardin de la grande pelouse située derrière la maison, avaient décidé de planter des sapins.

Ainsi, armé d’une bêche, notre père avait consciencieusement et dans les règles de l’art planté les 4 ou 5 sapins, des Thuyas qui mesuraient à peine 1mètre.

Seulement voilà, allez savoir ce qui se passe dans la tête de gamins de 10 ans, sans doute l’émulation, il se trouve que mon frère et moi avons eu envie de nous y mettre nous aussi.

C’est donc muni de bêches et de rasettes, que nous aussi, nous nous sommes attelés à la tache, déplantant les sapins et les replantant selon notre mode et notre goût.

Seulement voilà, nous n’avions pas l’habileté de notre père et le nouvel alignement laissait fortement à désirer. Pire, nous avions quasiment collé deux sapins l’un à côté de l’autre.

Je vous laisse imaginer la tête de nos parents quand nous leur avons annoncé fièrement que nous avions retravaillé les sapins et l’engueulade qui a suivi.

 

Par peur de les perdre en les déplantant à nouveau, nos parents prirent la décision de les laisser tels quels, pour éviter de les perdre, ils ne savaient pas que par ce geste, ils feraient le bonheur de leurs petits enfants.

En effet, je crois me souvenir qu’à la suite de notre « chantier » , un sapin n’a pas survécu mais les autres, à l’inverse, ont majestueusement poussé, même ceux que l’on avait planté si proches l’un de l’autre.

C’est justement cette bêtise qui allait ravir nos futurs enfants car en poussant de façon rapprochée, entre les troncs, sur une hauteur de 1mètre50 environ, sous les branches, rien n’a poussé formant ainsi une espèce de cavité ressemblant à une cabane.

 

C’est ainsi que les 8 petits enfants de mes parents furent des années plus tard ravis chaque fois qu’il faisait beau temps, d’aller s’amuser au jardin et de jouer dans cette cabane naturelle créée involontairement par leur oncle ou père.

 

Mes parents ont déménagé depuis, la maison étant trop grande pour eux seuls (nous étions 5 enfants) mais il n’est pas rare qu’un de mes trois enfants reparle avec nostalgie de cette cabane naturelle fruit du travail de leur père.

 

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11/11/2011

Devoir de mémoire

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Lorsque j’étais enfant, dans mon petit village perdu dans les plaines du Cambrésis, on assistait  avec l’instituteur aux commémorations des fêtes nationales. Ainsi, chaque 11 novembre, alors que le temps était souvent gris, humide ou brumeux, nous allions au monument aux morts assister à la cérémonie.

Monsieur le maire, le conseil municipal, les associations d’anciens combattants et leurs drapeaux, les écoles donc et une partie de la population étaient présents.

Mr le Maire faisait un petit discours puis énumérait gravement les prénoms et noms des enfants du village morts au combat durant la première guerre mondiale.

Je me souviens avoir connu un grand monsieur en costume noir, avec son chapeau et sa cane et qui arborait des bacchantes toutes blanches, on l’appelait tous le père Loriot. Il était le dernier survivant des appelés en 1914/1918.

Ensuite, après la cérémonie, le maire invitait tout le monde à la salle des fêtes où l’on servait un (ou plusieurs) verre de vin blanc aux adultes et où les enfants des écoles recevaient deux brioches.

Aujourd’hui, même si ces cérémonies ont toujours lieu, les gens s’en foutent. En ce qui me concerne, il y a des années que je n’y ai plus assisté.

Je me souviens aussi de mes livres d’histoire avec leurs images d’Epinal qui montraient les taxis de la Marne, les généraux à cheval avec des couleurs gaies et chatoyantes. Les textes parlaient de victoires, de sacrifice pour la patrie, j’en passe et des meilleurs.

 

Cependant, le devoir de mémoire est important, pas pour le nom des batailles, ni celui des maréchaux ou généraux, non, il l’est  pour tous ces jeunes appelés qui sont allés se faire ouvrir les tripes pour conquérir une tranchée, un bosquet ou une simple butte de terre. Pour les mutilés, les amputés, les gueules cassées, les gazés qui ont vu leur jeune vie définitivement brisée par la bêtise et la cupidité des politiciens, l’imbécillité des militaires de carrière et les intérêts financiers en jeu..

Devoir de mémoire pour les enfants de France mais aussi ceux du Sénégal, d’Angleterre, de Russie, d’Italie, des Etats-Unis et bien sûr ceux de l’Allemagne du Kaiser prussien et j’oublie certainement des nationalités.

Devoir de mémoire pour tous ces jeunes qui à peine sortis de l’adolescence ont connu, la boue des tranchées, la faim, la vermine, la peur permanente, les blessures, les mutilations et la mort pour des milliers d’entre eux.

Devoir de mémoire enfin pour les oubliés volontaires de l’histoire, les mutins, les fusillés pour l’exemple parce que la hiérarchie militaire n’admet pas la peur, la panique ou pire parce qu’un soldat refuse de porter le pantalon d’un mort.

Ayons juste en ce jour du souvenir, une pensée pour toutes ces croix dans les cimetières militaires et surtout pour les noms qui y sont gravés ou pas.

 

 

( La photo qui illustre cet article est le monument aux morts de mon village d’origine, Bevillers, commune d’à peine 500 habitants située entre Cambrai et Le Cateau. C’est là que tout gamin, j’assistais aux cérémonies de commémoration)

 

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