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03/06/2020

L'été bonheur

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Je vous ai prévenus, chers lecteurs, je ne vais pas forcément vous raconter mes souvenirs de façon chronologique. Parfois, un évènement particulier peut les faire ressurgir de façon inattendue alors, je préfère les poser de suite sur le papier.

Ce matin j’étais en clientèle dans l’Amandinois (autour de Saint-Amand les eaux) où il y a plein de petites villages et de bourgs. C’est la campagne, c’est très agréable, j’aime bien ce secteur.

Ce matin, je roulai tranquillement carreau ouvert car l’air était doux et le soleil radieux. Soudain, mes narines furent remplies d’une odeur de foin, cette odeur agréable que l’on ne respire que dans nos vraies campagnes, l’odeur du naturel.

Brusquement, cela m’a ramené 48 années en arrière et je me suis souvenu d’une fin d’année scolaire alors que j’étais encore à l’école communale dans mon petit village du Cambrésis.

Ce devait-être fin juin, début juillet, ma maîtresse d’école avait décidé avec sa collègue que quelques jours avant la fin des cours et avant le début des vacances, nous irions passer une journée dans la campagne avoisinante. Il faut dire que le Cambrésis est une région très agricole et que tous les villages sont entourés de champs et de pâtures (des prés pour les non initiés).

A Bevillers, le village où j’ai passé mon enfance, la rue où nous habitions se terminait par un chemin caillouteux qui menait directement dans ces champs et ces pâtures. Tout le monde au village d’ailleurs l’appelait « le chemin, », tout simplement.

Il y a aussi dans cette partie du village un ancien four à chaud, dans notre patois local, le « quofour ». Du four il ne restait que des pâtures encaissées et très herbeuses dans lesquelles nos agriculteurs locaux allaient faire paître leurs bêtes.

C’est dans une de ces pâtures vide que nous avons passé la journée, au milieu des herbes déjà jaunies par le soleil et au parfum si particulier, nous nous sommes amusés comme des fous, nous avons pique-niqué sur place tous ensemble, je me souviens avoir ressenti un sentiment de bonheur et de plénitude intense.

Ce n’était pas grand-chose mais au milieu des herbes, des coquelicots , des pâquerettes, des boutons d’or et aussi des pissenlits, la vie me paraissait douce et belle. En fin de journée, le soleil sans soute un peu fatigué lui aussi, dardait de doux rayons sur nos visages, l’air était doux, le bonheur, tout simplement.

C’était le début de l’été, nous étions au début des années 70 et vous écrire cette histoire simple, fait naître en moi une émotion intense car je sais que jamais je ne revivrai ces moments privilégiés.

Restent le soleil, les odeurs, les fleurs pour que cela me revienne de temps en temps et me ramène là bas, dans mon village à l’âge de l’innocence.

18:56 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (3)

01/06/2020

Le poêle à charbon

 

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Je ne suis pas différent des autres êtres humains, je n’ai aucun souvenir de mes premières années sur cette terre, juste des images floues un peu comme si devant l’écran de mes souvenirs il y avait un tissu cotonneux et opaque. Je distingue des choses mais c’est tout. Une seule image est présente depuis que je suis en âge de raisonner, des têtes, penchées sur moi qui parlent, c’est tout.

 

Pendant cette période, jusqu’à mes 3 ans, mes parents ont vécu dans une maison que leur louait un oncle et une tante de mon père, rue du Préhaut à Bévillers, un petit village de 500 habitants dans le Cambrésis.

J’ai bien connu cette maison mais seulement après l’avoir habitée, quand j’ai eu 4 ans. Mon arrière grand-mère y vivait déjà puis c’est ma grand-mère paternelle, sa fille, qui l’a ensuite rejointe et nous a succédé.

C’était une époque où l’on se rendait beaucoup visite dans les familles donc je voyais souvent mes deux aïeules.

C’est d’ailleurs chez « grand-mère » qu’il m’est arrivé un accident. Les grandes personnes étaient réunies dans une pièce adjacente quand dans l’autre pièce elles m’ont entendu hurler.

A cette époque, fin des années 60, dans beaucoup de maison, le chauffage central n’existait pas et souvent, les gros poêles à charbon trônaient au milieu des pièces. Celui chez grand-mère était rond, avec une belle plaque en fonte et dans son antre, le charbon rougeoyait.
Personne n’a su ce qu’il s’est produit, ai-je voulu y grimper, ai-je trébuché, nul ne le sait. En revanche ils m’ont retrouvé criant de douleur, les deux mains collées sur la plaque en fonte brûlante. De cet incident, j’ai en mémoire une image où je regarde mes mains et où je comprends que j’ai mal.

Est-ce un vrai souvenir ?

Est-ce parce que j’en ai entendu parler souvent ensuite que mon cerveau a fabriqué cette image, je n’en sais fichtrement rien, tout ce que je sais c’est que cette vision est nichée dans ma tête depuis plus de cinquante ans.

D’aucuns diront que c’était de l’inconscience de m’avoir laissé seul, mais je n’en ai jamais voulu à qui que ce soit parce qu’à cette époque la sécurité sur les appareils n’était que très minime, à l’inverse d’aujourd’hui où les nouvelles générations de parents surprotègent leurs gamins. Et puis je m’en suis remis, je n’ai aucune cicatrice, aucune trace de brûlure, et mes mains m’ont jusqu’à ce jour été très utiles donc pas de soucis. En plus, il y a prescription...

Bien sûr, ça aurait pu être plus grave mais ça n’a pas été le cas, tant mieux car je n’aurais pas été là pour vous raconter cette histoire…

 

19:12 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0)

31/05/2020

Souvenirs qu'un quinqua génère...

La crise sanitaire que nous venons de vivre en ce début 2020, m’a fait plus que jamais replonger dans mes souvenirs. Je suis comme tout le monde, pas d’exception à la règle, je vieillis et cela engendre chez moi comme chez beaucoup d’autres j’imagine, une sorte de pèlerinage intérieur, un retour en arrière avec, je le dis en toute honnêteté, un regard nostalgique et bienveillant sur l’enfance.

Certaines images sont floues, vieillies par le temps qui passe, d’autres ont pris une teinte sépia mais avant que certaines d’entre elles disparaissent à jamais, enfouies trop profondément dans les tréfonds de ma mémoire, je vais essayer de les regrouper et de les écrire pour en garder une trace. Cela me permettra de les relire plus tard si jamais je les ai oubliées.

J’espère également que ma descendance tombera un jour sur cette modeste prose. A vous, mes enfants, petits-enfants et générations à venir, si vous lisez ces mots, cela vous permettra de découvrir un pan de votre histoire. Pour les autres, amis lecteurs, je souhaite que mes souvenirs ravivent les vôtres et vous incitent à emprunter le train de la mémoire pour un beau voyage dans le temps.

J’ai vécu une vie ordinaire, sans éclats particuliers, comme beaucoup de mortels. Le temps qui passe effacera petit à petit mon nom des mémoires. Le néant , la fin sont des choses qui me terrifient alors je caresse l’espoir que peut-être mes écrits me survivront et que pendant quelques instants je revivrai dans la pensée de mes lecteurs.

 


Je suis né au 20ème siècle, en 1964, à un tournant de l’évolution culturelle et technologique. J’ai connu des gens nés fin du 19ème siècle et j’aurai passé une bonne partie de mon existence au 21ème, tout le monde n’a pas cette chance.

J’ai connu la télévision à une chaîne et en noir et blanc bien sûr, l’encrier et le porte-plume, l’installation du téléphone dans les foyers, les disques 78 tours, les pantalons « pattes d’éph », les cheveux longs, le minitel, les premiers ordinateurs et bien d’autres choses qui pourraient me faire passer pour un vieux dinosaure. Ce n’est pas le cas, je suis juste arrivé à une époque où tout s’est brusquement accéléré, où en quelques années les évolutions technologiques ont radicalement changé les modes de vie, pas toujours de la meilleure façon qui soit… mais ça, c’est un autre débat.
Je ne sais pas encore sous quelle forme je vais regrouper ces souvenirs. Au départ, mon idée est de les écrire au fur et à mesure, sans véritable plan, dans le désordre si je puis dire, on verra. Dans tous les cas, bienvenue dans mon monde, bienvenue dans ce qui ressemble, j’en suis sûr à la vie de beaucoup de gens de ma génération.

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10:13 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (1)

11/11/2019

Lettre à Madeleine (Novembre 1916)

Ma chère Madeleine,

Je t’écris cette lettre profitant de ces quelques rares rayons de soleil au lever du jour. Cela fait plusieurs jours qu’il pleuvait sans discontinuer et nous déplacer dans ces maudites tranchées devenait un calvaire, aspirés par cette boue gluante et collante. J’espère que le temps va bientôt être plus sec. Nous aurons toujours froid, je le sais, mais au moins nous ne serons plus trempés des pieds à la tête.

Dans moins de deux heures un assaut est prévu. Le haut commandement a décidé de lancer une contre offensive massive ce matin pour reprendre cette butte pour laquelle tant de nos camarades sont morts. Mes propos vont sans doute t’étonner mais dans les camarades, j’inclue aussi nos opposants. Après tout ils sont comme nous les « boches », pour la plupart, ils n’ont rien demandé à personne et surtout, pas à être là.

Ta douceur, ta chaleur, ta voix, tes yeux, tout en toi me manque cruellement. C’est à la fois une joie intense et une tristesse infinie qui m’envahissent chaque fois que tu es dans mes pensées, c’est à dire à chaque instant. Ils me manquent aussi notre petit village, notre petite maison, ma classe et mes élèves turbulents, la cour de l’école où je rêvais de voir un jour s’ébattre nos futurs enfants.

Cette lettre ne te parviendra sans doute jamais car on ne nous autorise qu’à remplir un document réglementaire avant chaque bataille, la censure est partout, il ne faut pas donner une mauvaise image de nous à l’arrière. Ici, la mort est partout, elle nous tient la main en permanence, prête à nous entraîner avec elle dès qu’elle le pourra. Tout n’est que boue, grisaille, bruit. L’odeur est infecte, les rats grouillent de partout, nous avons froid tout le temps mais ce qui est le plus difficile à supporter ce sont l’ennui et cette indicible peur qui nous tenaille le ventre en permanence.

Tant de mes copains sont déjà morts que j’ai arrêté de compter mais avec Jacques, le forgeron de Plapeville (une ville près de Metz), nous nous serrons les coudes. La camaraderie nous permet de tenir et j’espère qu’il pourra partir à la prochaine permission pour voir sa petite fille née il y a quelques semaines. J’espère aussi que nous pourrons fêter mes 22 ans dans 3 jours. Grâce au colis que tu m’as envoyé avant hier, je partagerai avec Jacques et les copains pour mon anniversaire.

Je termine cette lettre à la hâte car dans quelques minutes, il va falloir « sortir ». Je vais la cacher dans une gamelle en attendant de te la faire parvenir comme je pourrais. Au mieux, nous la lirons ensemble lors de ma prochaine permission, blottis l’un contre l’autre. Ma douce Madeleine , mon aimée, mon amour, je t’envoie mille baisers. Les mots ne sont pas assez forts pour dire combien je t’aime et combien tu me manques.

Ton Armand .

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Armand était le jeune instituteur d’un petit village du Cambrésis. Il a été tué quelques heures après avoir écrit cette lettre à son épouse Madeleine. Il a disparu lors de la bataille de Verdun le 11 novembre 1916, son corps n’a jamais été retrouvé. Il n’aura jamais eu 22 ans...

Cette lettre est une pure fiction mais toute ressemblance avec des personnes ayant existé est totalement volontaire. Elle a pour but de rendre hommage à toute cette génération qui a alimenté cette énorme boucherie que fut la première guerre mondiale, à tous ces jeunes hommes quels que soient leurs origines ou leur « camp » qu’on transforma en chair à canon et qui sont morts en vain. Vingt ans plus tard, les braises encore chaudes de ce conflit mondial allaient alimenter un foyer de haine et de violence et entraîner le monde dans un second conflit plus meurtrier encore.

(KDEF 2016)

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30/10/2019

LES FRANGLAISES

Il y a bien longtemps que je n’étais pas venu sur mon blog pour écrire un article. Le syndrome de la page blanche ? non… la flemme ? que nenni…, le manque d’inspiration? peut-être… un certain ras le bol de ce monde souvent triste ?, ce n’est pas impossible.
Mais aujourd’hui, je profite d’un moment de calme pour vous parler d’une bande de joyeux saltimbanques, de gais lurons et de fous géniaux qui m’ont apporté joie, plaisir et bonheur en une heure et demie d’un spectacle original et fantastique.

Le nom de ce spectacle : LES FRANGLAISES

Le principe : nous proposer des versions françaises de chansons anglaises

A priori, on pourrai penser que c’est assez banal comme spectacle, et qu’au bout de deux ou trois titres on va s’ennuyer et bien non, détrompez vous.

D’abord, c’est interactif et le Monsieur Loyal de la bande « Jonathan » maîtrise parfaitement son sujet, joue avec le public et le malmène gentiment avec plein d’humour.


Le nom de ce spectacle : LES FRANGLAISES

Le principe : nous proposer des versions françaises de chansons anglaises

 

A priori, on pourrai penser que c’est assez banal comme spectacle, et qu’au bout de deux ou trois titres on va s’ennuyer et bien non, détrompez vous.

D’abord, c’est interactif et le Monsieur Loyal de la bande « Jonathan » maîtrise parfaitement son sujet, joue avec le public et le malmène gentiment avec plein d’humour.

Ensuite, une fois le titre trouvé, il rejoint la bande et là, c’est un véritable feu d’artifice. Cette bande de fous géniaux se met en marche : chant, danse, gags, ça ne s’arrête pas.

Ils sont multi-instrumentalistes, ils ont un sens du spectacle extraordinaire, ils ont du ,talent à revendre et on arrive à la fin du spectacle en espérant qu’ils vont revenir et ne jamais s’arrêter.

Ils sont à Bobino depuis quelques temps et pour plusieurs semaines encore alors, pour ceux qui sont sur place où qui auraient l’occasion d’y aller, je vous recommande ce spectacle à 100 %.

Foncez-y, vous passerez un moment super.

Allez applaudir Roxane, Saliha, Marsu, Daphnée, Yoni, Quentin, William, Stéphane,Philippe, Adrien, Romain, Laurent, Paul-Victor et les autres.

Et pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’aller les voir sur scène, il existe une version DVD de leur premier spectacle créé en 2015.

Allez les découvrir sur leur site (https://www.lesfranglaises.fr/index.html), vous ne le regretterez pas car à moins d’être un triste sire, coincé et sans humour vous ne pourrez pas résister, vous vous régalerez de ce super spectacle plein de vie, de couleurs, d’humour et bien entendu, de musique.

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31/12/2016

Tommorow never knows

Ce soir, comme chaque année à la même époque, dans une partie du monde seulement, on va se baffrer, se saouler, danser, faire la fête. Beaucoup vont claquer des sommes astronomiques pour du champagne, du caviar ou autre foie gras., comme si…

Comme si on pouvait oublier qu’une grande partie de la planète vit dans une misère noire et que pour ces gens là, l’eau courante est un luxe.

Comme si on ne se rappelait pas que l’on est en guerre et que les atrocités commises sont indirectement notre faute. Il est si facile de manipuler des gens qui n’ont rien pour les dresser devant ceux qui ont tout.

Comme si on pouvait oublier que l’on revient vers un nationalisme teinté de haine et de racisme primaire et que les forces obscures, la bête, se réveillent doucement…

Comme si on pouvait ignorer les changements politiques récents et à venir prémices d’un accroissement encore plus important de la fracture béante entre les plus riches et les plus pauvres.

Comme si on oubliait nos parents ,nos grands parents, nos arrières grands parents qui se sont battus pour obtenir des droits, qui sont morts pour certains en défendant la cause ouvrière. Dire qu’aujourd’hui encore certains se réclament de Jean Jaurès… quelle ironie ! Ce grand Socialiste, Pacifiste et Humaniste doit se retourner dans sa tombe.Comme si on pouvait ignorer que l’on vit dans un monde ultra capitaliste dirigé par l’argent.

Amer ? Sans doutes.

Nostalgique ? Oui mais pas d’une époque seulement des gens qui se battaient pour une cause.

Cynique ? Non, réaliste.

Fataliste, un peu mais je crois encore qu’il y a du bon dans l’homme.

67440311-anarchy-wallpapers.jpgIl faudra un gros bouleversement demain pour que les choses évoluent et peut être que je ne serai plus là pour le voir et que ce sont mes enfants ou mes petits enfants qui reconstruiront sur de meilleures bases. Quoi qu’il en soit, je dois les aider à construire demain. Je vais nettoyer mon âme, dépolluer mon esprit et faire ce qu’il faut pour. Et çà, c’est ma grosse rés(v)olution pour 2017.

23/12/2016

Petit papa Noël...

C’était il y a bien longtemps, je devais avoir 6 ou 7 ans, impossible de me souvenir de l’année . En revanche, ce dont je me souviens c’est de ce que mon frère et moi avons découvert ce matin là, un 25 décembre qui n’a jamais quitté ma mémoire. Mes sœurs jumelles étaient encore au berceau et ma plus jeune sœur n’était pas encore née. Cela devait selon toute vraisemblance se passer en 1970.

Ma mère avait décoré la salle à manger avec des boules accrochées au plafonnier, il y avait des guirlandes partout, certainement un sapin mais bizarrement, je ne m’en souviens pas. Par contre, ce qui m’avait frappé c’est qu’il y avait des bonbons sur la table, sur le sol et que dans un coin de la pièce nous attendait notre cadeau. L’époque était différente, on n’avait pas comme beaucoup d’enfants d’aujourd’hui plein de cadeaux.

Je ne me souviens plus de ce que mon frère a eu, çà s’est estompé dans ma mémoire, peut être un hélicoptère énorme, télécommandé, il me le confirmera. Moi, par contre, j’ai eu une grue de chantier, tout en métal, presque comme sur la photo. Il y avait une manivelle pour la faire tourner et une autre pour monter et descendre les charges, quel cadeau !!!

C’est le Noël qui m’a le plus marqué, celui qui fut le plus magique de tous. Jamais je n’ai retrouvé cette ambiance, ces couleurs, ces odeurs, et malheureusement, en vieillissant, cette magie s’est transformée en un doux et agréable souvenir.

Je ne mentirai pas, aujourd’hui, peu de choses me font rêver et Noël, encore moins. L’atelier du père Noël s’est transformé en une énorme multinationale qui draine des milliards et qui sous couvert de rendre les gens joyeux un soir et une journée, exploite, spolie, vole toute une tranche de la population tout en engraissant une infime partie.

La seule chose qui reste de tout cela, c’est un souvenir d’enfance, qui même s’il reste présent dans ma tête plus de 45 ans après, devient un peu plus flou chaque année. Nostalgie d’une époque lointaine, insouciante que l’on aimerait revivre l’espace d’un instant, juste une fois...

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17:03 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0)

28/08/2016

Je ne serai jamais un vieux con !

Dans quelques mois, je vais avoir 53 ans. Pour certains c’est encore jeune, pour d’autres, c’est vieux. A  moins de vivre centenaire, je sais que j’ai déjà passé la moitié de ma vie. Mais soyez rassuré, j’ai encore des tas de livres à lire, des tonnes de musique à écoute, des films à voir, des endroits à découvrir, des gens à rencontrer avant de tirer ma révérence, tout çà pour dire que je ne suis pas pressé du tout.

Il est vrai que j’ai des kilos en trop, que j’ai du bide, que mon crâne s’est salement déplumé, que des douleurs assassines viennent me pourrir la vie, que je dors moins bien et que ma vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais tant qu’il y a de la vie…

Franchement, ce qui me mine le plus c’est que je voudrai revivre des moments de ma vie de façon plus intense. Appelez çà de la nostalgie si vous voulez mais dans notre existence, on ne savoure pas assez les bons moments, c’est ce qui donne cette envie de les revivre au moins une fois et pleinement.

Je côtoie aujourd’hui des gens qui ont la moitié de mon âge, qui portaient des couches culottes alors que je travaillais déjà depuis 7 ans, çà fait bizarre car souvent, je m’entends bien avec les personnes de cette génération. Parfois j’ai envie de leur crier « Hey, moi aussi j’ai été un rebelle, moi aussi j’ai été anticonformiste, moi aussi j’avais envie de bousculer le système ». J’ai aussi envie de leur dire que l’habit ne fait pas le moine, que les apparences sont parfois, souvent trompeuses et que j’ai joué du rock n’roll, que j’ai massacré des accords sur ma guitare en chantant  la révolution ou l’anarchie. J’ai envie de leur dire que j’en fais toujours, chez moi avec la même énergie que celle de mes 20 ans, parfois aussi encore sur scène seul ou avec un ami guitariste. J’ai envie de leur dire que je suis comme eux, que je comprends leur problèmes, leurs envies, leurs inquiétudes, que moi aussi j’ai été comme eux. Certaines personnes m’écoutent, d’autres m’entendent, il y a en qui s’en foutent, çà se voit et je peux le comprendre, j’ai tellement envie de me fondre avec eux, d’être un de leurs semblables mais on ne rattrape pas le temps passé…

Au cas où je n’aurai pas été assez précis, je parle, bien entendu, de culture : d’art, de poésie, de musique ou toute autre forme d’art. Il va de soi, même si le système m’a récupéré, parce que j’ai une famille et qu’il faut bouffer, que j’ai toujours le feu sacré, qu’il revient de plus belle, qu’il se bonifie avec l’âge. Le nouvel ordre mondial m’écœure, le monde qui n’est plus que fric, le fossé qui ne cesse de s’élargir entre les très riches et le reste de la population, la mondialisation qui affame ceux qui n’ont plus rien, tout cela me dégoute. Mon rôle aujourd’hui est d’encourager, de dire qu’il y a encore des belles possibilités, qu’il ne faut pas baisser les bras et que cette génération des 20/25 est belle et que même si bien des choses ont changées, la bataille reste la même, celle des mots, du dessin, de la musique, de l’Art avec un grand A.

Oui j’ai toujours le feu sacré, oui, j’ai vieilli, parce que c’est comme çà et que je n’y peux pas grand-chose. J’ai été, je suis et je serai et je resterai un rocker, un vieux rocker certes mais une chose est sûre, je ne serai jamais un vieux con.

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27/08/2016

KING BAXTER: long live the king !

Mais qui donc est King Baxter ?

Un roi…non, plutôt une reine, une déesse viking descendue du Walhalla, une magicienne de l’Egypte antique, l’enfant caché de Ziggy Stardust et Nina Hagen ou quelqu’un qui vient vraiment d’une autre planète. Bien malin celui qui peut dire qui se cache derrière ce masque d’or et sous ces long cheveux bleus…

Mais avant tout, parlons musique : en ce qui me concerne, l’album a pris sa place dans ma collection, coincé entre Killing Joke et King Crimson, ce qui n’est ni anodin ni surprenant. En effet, il y a chez King Baxter les sonorités et l’acidité du premier groupe ainsi que la technicité et la rigueur du second mais avec une originalité toute propre à cette* incroyable auteur compositeur et interprète. Je n’aime pas cataloguer la musique mais s’il fallait le faire je qualifierai le style musical de King Baxter comme étant de l’électro-punk.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas spécialement un fan de musique électro mais que j’adore le rock, le punk et le progressif, c’est la raison pour laquelle j’avoue avoir été séduit par « The Knightmare#01 » par son originalité, ses textes parfois étranges mais envoutants, par la voix de l’artiste fascinante et grave semblant venir du plus profond de la nuit et par la musique structurée et bien en place.

Après avoir creusé et fait mes recherches comme Philippe Marlowe ou Sam Spade, j’ai découvert que l’artiste dont King Baxter semblerait être le double est une artiste moderne et très complète qui pratique l’art dans son sens large : vidéo, peinture, photographie, musique, écriture. On comprend donc mieux le titre de l’album référence au tableau de Füssli, « Le cauchemar » ainsi que la pochette originale, un habile mélange de portrait numérique avec le célèbre «Cri » de Munch. Est il besoin de préciser que cette dernière est également une création originale de King Baxter ou de son double (encore un mystère à percer…).

Je vous invite vivement à découvrir cet album d’une artiste que l’on aimerait beaucoup écouter et voir en concert sur scène car on imagine sans peine, au vu de ses nombreuses facettes, que le visuel tient également une part également très importante chez elle. Baladez vous sur You Tube ou Viméo, vous aurez un petit aperçu.

J’espère que l’on pourra aller l’écouter et l’admirer sur les planches lilloises (çà, c’est pour moi) ou autres (çà c’est pour vous) un de ces jours, ce doit être assez impressionnant. Dans l’attente, je vous invite à découvrir très vite cet EP de 5 titres qui je vous l’assure, ne vous laissera pas indifférent.

 

*Word m’indique que j’ai fait une faute et que j’aurai du taper « cet incroyable auteur compositeur », j’ai volontairement laissé l’adjectif démonstratif au féminin

 

 

A noter :

-L’album est disponible en téléchargement sur Bandcamp : https://kingbaxter.bandcamp.com/album/king-baxter-ep-the-knightmare-01

-Un double EP est en cours de préparation, il sera accompagné d’un texte intitule « Le royaume nocturne » et écrit bien entendu par l’artiste.

-Dernière petite chose, découvrez King Baxter sur Facebook : https://www.facebook.com/haltermusic/?fref=tsa0648346976_10.jpg

10:32 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2)

15/08/2016

Les mains dans la terre...

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Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours connu des jardins dans ma famille. Chez mes grands parents, chez mes grands oncles et tantes et chez mes parents bien sûr. Au village quand on parle de jardin, çà englobe tout : pelouse, fleurs, arbres, légumes, fruits…dans mon patois local on appelle même çà un « courtis », un « gardin ».

Je ne suis pas issu d’un milieu aisé, seul mon père travaillait et ma mère s’occupait de la maison et de ses cinq enfants dont je suis l’ainé. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai toujours eu à manger dans mon assiette, des vêtements et nous n’avons jamais eu froid. Par contre, je voyais ma mère faire ses comptes et faire ses calculs pour essayer de joindre les deux bouts.

Mon père élevait des poules, des lapins, des pintades, des dindes et dindons, nous avons même eu des moutons. Le jardin, lui, était une opportunité pour avoir ses propres légumes, frais, naturels et de très grande qualité.

Par contre, notre hantise à mon frère et moi, c’était pendant les vacances, quand mon père nous demandait de donner un coup de main au jardin. Désherber les allées, cueillir les haricots, les petits pois, arracher les pommes de terre, etc… La corvée des fruits était un peu moins pénible car même si c’était un peu long, s’occuper des framboisiers, des fraisiers, grimper cueillir les cerises ou les pêches permettait de se faire plaisir (toute peine mérite salaire non ?). Pour être clair, nous n’avions pas la main verte et longtemps, j’ai été content de vivre en appartement pour ne pas avoir à m’occuper d’un jardin.

Aujourd’hui, les choses ont changées, j’ai dépassé la cinquantaine, vécu des périodes de bonheur mais aussi des moments très difficiles qui m’ont permis d’apprécier certaines choses et entre autres, le travail de la terre. Je ne dirais pas que je me suis transformé en jardinier ou fermier, loin de là mais autour de la maison dans laquelle nous avons emménagé il y a quelques mois, le terrain est en friche et j’ai pris mon courage à deux mains pour m’y atteler sérieusement. Voilà donc plusieurs jours que pendant une heure ou deux, profitant d’un temps clément, j’arrache, je déterre, je bêche, je nettoie, les mains et le nez dans le sol. C’est long, c’est harassant, il faut que je ménage mon dos et mes genoux mais pendant ces instants en contact avec la terre, je ne pense à rien d’autre, je suis concentré sur mon travail.

Qui l’eut cru ? Vous m’auriez dit cela il y a quelques années, je vous aurais ri au nez. Force est de reconnaitre qu’aujourd’hui j’aime çà et que même si parfois je dois m’armer de courage pour m’y mettre, une fois que j’y suis…j’y reste !

PS : la photo qui illustre mon propos a été prise par ma sœur Anne. Il s’agit d’une partie du jardin de la maison de notre enfance, elle me rappelle un tas de souvenirs.