Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/12/2016

Tommorow never knows

Ce soir, comme chaque année à la même époque, dans une partie du monde seulement, on va se baffrer, se saouler, danser, faire la fête. Beaucoup vont claquer des sommes astronomiques pour du champagne, du caviar ou autre foie gras., comme si…

Comme si on pouvait oublier qu’une grande partie de la planète vit dans une misère noire et que pour ces gens là, l’eau courante est un luxe.

Comme si on ne se rappelait pas que l’on est en guerre et que les atrocités commises sont indirectement notre faute. Il est si facile de manipuler des gens qui n’ont rien pour les dresser devant ceux qui ont tout.

Comme si on pouvait oublier que l’on revient vers un nationalisme teinté de haine et de racisme primaire et que les forces obscures, la bête, se réveillent doucement…

Comme si on pouvait ignorer les changements politiques récents et à venir prémices d’un accroissement encore plus important de la fracture béante entre les plus riches et les plus pauvres.

Comme si on oubliait nos parents ,nos grands parents, nos arrières grands parents qui se sont battus pour obtenir des droits, qui sont morts pour certains en défendant la cause ouvrière. Dire qu’aujourd’hui encore certains se réclament de Jean Jaurès… quelle ironie ! Ce grand Socialiste, Pacifiste et Humaniste doit se retourner dans sa tombe.Comme si on pouvait ignorer que l’on vit dans un monde ultra capitaliste dirigé par l’argent.

Amer ? Sans doutes.

Nostalgique ? Oui mais pas d’une époque seulement des gens qui se battaient pour une cause.

Cynique ? Non, réaliste.

Fataliste, un peu mais je crois encore qu’il y a du bon dans l’homme.

67440311-anarchy-wallpapers.jpgIl faudra un gros bouleversement demain pour que les choses évoluent et peut être que je ne serai plus là pour le voir et que ce sont mes enfants ou mes petits enfants qui reconstruiront sur de meilleures bases. Quoi qu’il en soit, je dois les aider à construire demain. Je vais nettoyer mon âme, dépolluer mon esprit et faire ce qu’il faut pour. Et çà, c’est ma grosse rés(v)olution pour 2017.

23/12/2016

Petit papa Noël...

C’était il y a bien longtemps, je devais avoir 6 ou 7 ans, impossible de me souvenir de l’année . En revanche, ce dont je me souviens c’est de ce que mon frère et moi avons découvert ce matin là, un 25 décembre qui n’a jamais quitté ma mémoire. Mes sœurs jumelles étaient encore au berceau et ma plus jeune sœur n’était pas encore née. Cela devait selon toute vraisemblance se passer en 1970.

Ma mère avait décoré la salle à manger avec des boules accrochées au plafonnier, il y avait des guirlandes partout, certainement un sapin mais bizarrement, je ne m’en souviens pas. Par contre, ce qui m’avait frappé c’est qu’il y avait des bonbons sur la table, sur le sol et que dans un coin de la pièce nous attendait notre cadeau. L’époque était différente, on n’avait pas comme beaucoup d’enfants d’aujourd’hui plein de cadeaux.

Je ne me souviens plus de ce que mon frère a eu, çà s’est estompé dans ma mémoire, peut être un hélicoptère énorme, télécommandé, il me le confirmera. Moi, par contre, j’ai eu une grue de chantier, tout en métal, presque comme sur la photo. Il y avait une manivelle pour la faire tourner et une autre pour monter et descendre les charges, quel cadeau !!!

C’est le Noël qui m’a le plus marqué, celui qui fut le plus magique de tous. Jamais je n’ai retrouvé cette ambiance, ces couleurs, ces odeurs, et malheureusement, en vieillissant, cette magie s’est transformée en un doux et agréable souvenir.

Je ne mentirai pas, aujourd’hui, peu de choses me font rêver et Noël, encore moins. L’atelier du père Noël s’est transformé en une énorme multinationale qui draine des milliards et qui sous couvert de rendre les gens joyeux un soir et une journée, exploite, spolie, vole toute une tranche de la population tout en engraissant une infime partie.

La seule chose qui reste de tout cela, c’est un souvenir d’enfance, qui même s’il reste présent dans ma tête plus de 45 ans après, devient un peu plus flou chaque année. Nostalgie d’une époque lointaine, insouciante que l’on aimerait revivre l’espace d’un instant, juste une fois...

lignedebrocante-grue-joustra-jouet-2015-802-AP-2-min.JPG

17:03 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2016

11 novembre 1916

Ma chère Madeleine,

 

Je t’écris cette lettre profitant de ces quelques rares rayons de soleil au lever du jour. Cela fait plusieurs jours qu’il pleuvait sans discontinuer et nous déplacer dans ces maudites tranchées devenait un calvaire, aspirés par cette boue gluante et collante.

J’espère que le temps va bientôt être plus sec. Nous aurons toujours froid, je le sais, mais au moins nous ne serons plus trempés des pieds à la tête.

Dans moins de deux heures un assaut est prévu. Le haut commandement a décidé de lancer une contre offensive massive ce matin pour reprendre cette butte pour laquelle tant de nos camarades sont morts. Mes propos vont sans doute t’étonner mais dans les camarades, j’inclue aussi nos opposants. Après tout ils sont comme nous les « boches », pour la plupart, ils n’avaient rien demandé à personne.

Ta douceur, ta chaleur, ta voix, tes yeux, tout en toi me manque cruellement. C’est à la fois une joie intense et une tristesse infinie qui m’envahissent chaque fois que tu es dans mes pensées, c’est à dire à chaque instant.Ils me manquent aussi notre petit village, notre petite maison, ma classe et mes élèves turbulents, la cour de l’école où je rêvais de voir un jour s’ébattre nos futurs enfants.

Cette lettre ne te parviendra sans doute jamais car on ne nous autorise qu’à remplir un document réglementaire avant chaque bataille, la censure est partout, il ne faut pas donner une mauvaise image de nous à l’arrière.

Ici, la mort est partout, elle nous tient la main en permanence, prête à nous entraîner avec elle dès qu’elle le pourra. Tout n’est que boue, grisaille, bruit. L’odeur est infecte, les rats grouillent de partout, nous avons froid tout le temps mais ce qui est le plus difficile à supporter ce sont l’ennui et cette indicible peur qui nous tenaille le ventre en permanence.

Tant de mes copains sont déjà morts que j’ai arrêté de compter mais avec Jacques, le forgeron de Plapeville (une ville près de Metz), nous nous serrons les coudes. La camaraderie nous permet de tenir et j’espère qu’il pourra partir à la prochaine permission pour voir sa petite fille née il y a quelques semaines.

J’espère aussi que nous pourrons fêter mes 22 ans dans 3 jours. Grâce au colis que tu m’as envoyé avant hier, je partagerai avec Jacques et les copains pour mon anniversaire.

Je termine cette lettre à la hâte car dans quelques minutes, il va falloir « sortir ». Je vais la cacher dans une gamelle en attendant de te la faire parvenir comme je pourrais. Au mieux, nous la lirons ensemble lors de ma prochaine permission, blottis l’un contre l’autre.

Ma douce Madeleine , mon aimée, mon amour, je t’envoie mille baisers. Les mots ne sont pas assez forts pour dire combien je t’aime et combien tu me manques.

 

Ton Armand .

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Armand était le jeune instituteur d’un petit village du Cambrésis. Il a été tué quelques heures après avoir écrit cette lettre à son épouse Madeleine. Il a disparu lors de la bataille de Verdun le 11 novembre 1916, son corps n’a jamais été retrouvé.

Il n’aura jamais eu 22 ans...

 

Cette lettre est une pure fiction mais toute ressemblance avec des personnes ayant existé est totalement volontaire. Elle a pour but de rendre hommage à toute cette génération qui a alimentée cette énorme boucherie que fut la première guerre mondiale, à tous ces jeunes hommes quelles que soient leurs origines ou leur « camp » qu’on transforma en chair à canon et qui sont morts en vain. Vingt ans plus tard, les braises encore chaudes de ce conflit mondial allaient alimenter un foyer de haine et de violence et entraîner le monde dans un second conflit plus meurtrier encore.lettre.jpg

28/08/2016

Je ne serai jamais un vieux con !

Dans quelques mois, je vais avoir 53 ans. Pour certains c’est encore jeune, pour d’autres, c’est vieux. A  moins de vivre centenaire, je sais que j’ai déjà passé la moitié de ma vie. Mais soyez rassuré, j’ai encore des tas de livres à lire, des tonnes de musique à écoute, des films à voir, des endroits à découvrir, des gens à rencontrer avant de tirer ma révérence, tout çà pour dire que je ne suis pas pressé du tout.

Il est vrai que j’ai des kilos en trop, que j’ai du bide, que mon crâne s’est salement déplumé, que des douleurs assassines viennent me pourrir la vie, que je dors moins bien et que ma vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais tant qu’il y a de la vie…

Franchement, ce qui me mine le plus c’est que je voudrai revivre des moments de ma vie de façon plus intense. Appelez çà de la nostalgie si vous voulez mais dans notre existence, on ne savoure pas assez les bons moments, c’est ce qui donne cette envie de les revivre au moins une fois et pleinement.

Je côtoie aujourd’hui des gens qui ont la moitié de mon âge, qui portaient des couches culottes alors que je travaillais déjà depuis 7 ans, çà fait bizarre car souvent, je m’entends bien avec les personnes de cette génération. Parfois j’ai envie de leur crier « Hey, moi aussi j’ai été un rebelle, moi aussi j’ai été anticonformiste, moi aussi j’avais envie de bousculer le système ». J’ai aussi envie de leur dire que l’habit ne fait pas le moine, que les apparences sont parfois, souvent trompeuses et que j’ai joué du rock n’roll, que j’ai massacré des accords sur ma guitare en chantant  la révolution ou l’anarchie. J’ai envie de leur dire que j’en fais toujours, chez moi avec la même énergie que celle de mes 20 ans, parfois aussi encore sur scène seul ou avec un ami guitariste. J’ai envie de leur dire que je suis comme eux, que je comprends leur problèmes, leurs envies, leurs inquiétudes, que moi aussi j’ai été comme eux. Certaines personnes m’écoutent, d’autres m’entendent, il y a en qui s’en foutent, çà se voit et je peux le comprendre, j’ai tellement envie de me fondre avec eux, d’être un de leurs semblables mais on ne rattrape pas le temps passé…

Au cas où je n’aurai pas été assez précis, je parle, bien entendu, de culture : d’art, de poésie, de musique ou toute autre forme d’art. Il va de soi, même si le système m’a récupéré, parce que j’ai une famille et qu’il faut bouffer, que j’ai toujours le feu sacré, qu’il revient de plus belle, qu’il se bonifie avec l’âge. Le nouvel ordre mondial m’écœure, le monde qui n’est plus que fric, le fossé qui ne cesse de s’élargir entre les très riches et le reste de la population, la mondialisation qui affame ceux qui n’ont plus rien, tout cela me dégoute. Mon rôle aujourd’hui est d’encourager, de dire qu’il y a encore des belles possibilités, qu’il ne faut pas baisser les bras et que cette génération des 20/25 est belle et que même si bien des choses ont changées, la bataille reste la même, celle des mots, du dessin, de la musique, de l’Art avec un grand A.

Oui j’ai toujours le feu sacré, oui, j’ai vieilli, parce que c’est comme çà et que je n’y peux pas grand-chose. J’ai été, je suis et je serai et je resterai un rocker, un vieux rocker certes mais une chose est sûre, je ne serai jamais un vieux con.

$(KGrHqJ,!qgFBZ2!fUPvBQYYPf0KOw~~60_35.JPG

27/08/2016

KING BAXTER: long live the king !

Mais qui donc est King Baxter ?

Un roi…non, plutôt une reine, une déesse viking descendue du Walhalla, une magicienne de l’Egypte antique, l’enfant caché de Ziggy Stardust et Nina Hagen ou quelqu’un qui vient vraiment d’une autre planète. Bien malin celui qui peut dire qui se cache derrière ce masque d’or et sous ces long cheveux bleus…

Mais avant tout, parlons musique : en ce qui me concerne, l’album a pris sa place dans ma collection, coincé entre Killing Joke et King Crimson, ce qui n’est ni anodin ni surprenant. En effet, il y a chez King Baxter les sonorités et l’acidité du premier groupe ainsi que la technicité et la rigueur du second mais avec une originalité toute propre à cette* incroyable auteur compositeur et interprète. Je n’aime pas cataloguer la musique mais s’il fallait le faire je qualifierai le style musical de King Baxter comme étant de l’électro-punk.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas spécialement un fan de musique électro mais que j’adore le rock, le punk et le progressif, c’est la raison pour laquelle j’avoue avoir été séduit par « The Knightmare#01 » par son originalité, ses textes parfois étranges mais envoutants, par la voix de l’artiste fascinante et grave semblant venir du plus profond de la nuit et par la musique structurée et bien en place.

Après avoir creusé et fait mes recherches comme Philippe Marlowe ou Sam Spade, j’ai découvert que l’artiste dont King Baxter semblerait être le double est une artiste moderne et très complète qui pratique l’art dans son sens large : vidéo, peinture, photographie, musique, écriture. On comprend donc mieux le titre de l’album référence au tableau de Füssli, « Le cauchemar » ainsi que la pochette originale, un habile mélange de portrait numérique avec le célèbre «Cri » de Munch. Est il besoin de préciser que cette dernière est également une création originale de King Baxter ou de son double (encore un mystère à percer…).

Je vous invite vivement à découvrir cet album d’une artiste que l’on aimerait beaucoup écouter et voir en concert sur scène car on imagine sans peine, au vu de ses nombreuses facettes, que le visuel tient également une part également très importante chez elle. Baladez vous sur You Tube ou Viméo, vous aurez un petit aperçu.

J’espère que l’on pourra aller l’écouter et l’admirer sur les planches lilloises (çà, c’est pour moi) ou autres (çà c’est pour vous) un de ces jours, ce doit être assez impressionnant. Dans l’attente, je vous invite à découvrir très vite cet EP de 5 titres qui je vous l’assure, ne vous laissera pas indifférent.

 

*Word m’indique que j’ai fait une faute et que j’aurai du taper « cet incroyable auteur compositeur », j’ai volontairement laissé l’adjectif démonstratif au féminin

 

 

A noter :

-L’album est disponible en téléchargement sur Bandcamp : https://kingbaxter.bandcamp.com/album/king-baxter-ep-the-knightmare-01

-Un double EP est en cours de préparation, il sera accompagné d’un texte intitule « Le royaume nocturne » et écrit bien entendu par l’artiste.

-Dernière petite chose, découvrez King Baxter sur Facebook : https://www.facebook.com/haltermusic/?fref=tsa0648346976_10.jpg

10:32 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2)

15/08/2016

Les mains dans la terre...

857794_476349522413664_1853661816_o.jpg

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours connu des jardins dans ma famille. Chez mes grands parents, chez mes grands oncles et tantes et chez mes parents bien sûr. Au village quand on parle de jardin, çà englobe tout : pelouse, fleurs, arbres, légumes, fruits…dans mon patois local on appelle même çà un « courtis », un « gardin ».

Je ne suis pas issu d’un milieu aisé, seul mon père travaillait et ma mère s’occupait de la maison et de ses cinq enfants dont je suis l’ainé. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai toujours eu à manger dans mon assiette, des vêtements et nous n’avons jamais eu froid. Par contre, je voyais ma mère faire ses comptes et faire ses calculs pour essayer de joindre les deux bouts.

Mon père élevait des poules, des lapins, des pintades, des dindes et dindons, nous avons même eu des moutons. Le jardin, lui, était une opportunité pour avoir ses propres légumes, frais, naturels et de très grande qualité.

Par contre, notre hantise à mon frère et moi, c’était pendant les vacances, quand mon père nous demandait de donner un coup de main au jardin. Désherber les allées, cueillir les haricots, les petits pois, arracher les pommes de terre, etc… La corvée des fruits était un peu moins pénible car même si c’était un peu long, s’occuper des framboisiers, des fraisiers, grimper cueillir les cerises ou les pêches permettait de se faire plaisir (toute peine mérite salaire non ?). Pour être clair, nous n’avions pas la main verte et longtemps, j’ai été content de vivre en appartement pour ne pas avoir à m’occuper d’un jardin.

Aujourd’hui, les choses ont changées, j’ai dépassé la cinquantaine, vécu des périodes de bonheur mais aussi des moments très difficiles qui m’ont permis d’apprécier certaines choses et entre autres, le travail de la terre. Je ne dirais pas que je me suis transformé en jardinier ou fermier, loin de là mais autour de la maison dans laquelle nous avons emménagé il y a quelques mois, le terrain est en friche et j’ai pris mon courage à deux mains pour m’y atteler sérieusement. Voilà donc plusieurs jours que pendant une heure ou deux, profitant d’un temps clément, j’arrache, je déterre, je bêche, je nettoie, les mains et le nez dans le sol. C’est long, c’est harassant, il faut que je ménage mon dos et mes genoux mais pendant ces instants en contact avec la terre, je ne pense à rien d’autre, je suis concentré sur mon travail.

Qui l’eut cru ? Vous m’auriez dit cela il y a quelques années, je vous aurais ri au nez. Force est de reconnaitre qu’aujourd’hui j’aime çà et que même si parfois je dois m’armer de courage pour m’y mettre, une fois que j’y suis…j’y reste !

PS : la photo qui illustre mon propos a été prise par ma sœur Anne. Il s’agit d’une partie du jardin de la maison de notre enfance, elle me rappelle un tas de souvenirs.

08/02/2016

Lortografe

KuHTOntjdjh1FsG3Yrb8JTcksOI.jpgPalsambleu, ventre saint-gris, diantre, comme le temps passe, il nous file entre les doigts comme du sable fin et lorsqu’on se retourne, il est trop tard, il a fait son œuvre. Je viens de me rendre compte que je n’étais pas venu écrire ici depuis un moment. Je ne m’étendrai pas sur les raisons de cette absence, je ne suis pas revenu aujourd’hui pour cela.


J’aime la langue française, j’aime les mots, leur couleur, leur originalité. J’aime la complexité des conjugaisons qui donnent souvent du fil à retordre. J’adore le subjonctif qui lorsque j’étais un écolier faisait perler des grosses gouttes de sueur sur mon front, encore eut il fallu que je le susse…


J’adore la ponctuation qui donne du rythme, qui allège, qui soulage les phrases. Les musiciens ou les mélomanes le comprendront encore mieux, c’est comme une partition avec des temps, des contretemps, c’est comme une chanson avec ses variations, ses temporisations, ses ponts, ses reliefs.


Parfois, lorsque, plongé dans un livre, je me détache quelques instants de ses phrases et de ses mots, je m’émerveille de pouvoir sans peine, par habitude et avec facilité, déchiffrer cet ensemble de lettres et de signes. Quel délice que de pouvoir s’évader, de vibrer, de trembler, de s’extasier, de prendre du plaisir rien qu’en posant ses yeux sur cette belle langue qui est là nôtre et d’en jouir à foison.


Ce que je constate depuis plusieurs années c’est que notre belle langue part en déliquescence. La faute à qui, la faute à quoi ? La télévision, les téléphones portables, les programmes d’enseignement, la démission de beaucoup de parents qui ne veulent pas « contrarier » leurs enfants (c’est tellement plus simple). Nos gamins ne lisent plus, font de plus en plus de fautes d’orthographe, de conjugaison et tout cela ne s’arrange pas car on ne fait rien pour améliorer la situation. Pire, les gens qui entre guillemets sont responsables de l’éducation nationale, font pire que mieux et plutôt que de se pencher sur des méthodes pour combattre ce fléau préfèrent appauvrir notre belle langue française, si riche et si complexe pour suivre le mouvement de recul et donner leur nom à une réforme ou à une loi.


Ce que craignais depuis longtemps est en train de se produire, par facilité, par bêtise, on commence par quelques décisions stupides et inutiles en changeant les mots. Demain on écrira plus un oignon mais ognon et pourquoi pas un jour onion. Qu’ils étaient beaux les nénuphars sur les « images » que l’on nous donnait en récompense à l’école, qu’ils sont moches ses nouveaux nénufars. Et ce bel accent circonflexe, le chapeau, qui embellit les mots, dès l’instant où l’on considère qu’il ne sert à rien, hop, on le supprime. Mon préféré : plutôt que d’apprendre aux enfants que l’on dit un après-midi et non pas une après-midi (après et midi sont des mots masculins) on a décidé qu’au pluriel ce sera des après-midis (totalement illogique dans la mesure où ce sont les après qui sont au pluriel alors que le midi restera toujours le midi…).


Bref, si on commence comme cela que sera demain, j’ai peur d’imaginer qu’un jour prochain, à force de vouloir simplifier l’on finisse par détruire ce que le monde entier nous envie, la richesse, la complexité mais aussi la beauté de notre langue :


Se matin je me sui révéyé de bone eure, avec la métresse d’école et mé copin nous prenons l’autobusse direxion Lillessantre pour allé voir une expozission sur le poaite charle baudelaire et jai été choizi pour lire devan plain de perssones un éxtrè du poaime l’albatrosse :

Souvan pour s’amuzer les zommes d’ékipaje

Prènent dés albatrosse vastes oizos dés mèrs

Ki suivent indolants conpanions de voiyage

Le navire glissan sur les goufres amèrs…

30/05/2015

Another brick in the wall

url.jpg

Je ne suis pas un héros, ni une rock star, ni une star de cinéma, ni quelqu’un de connu ou célèbre. Je ne suis qu’un anonyme au milieu de tant d’autres. Un pauvre con qui bosse comme un taré pour essayer de sortir un peu la tête de l’eau.

Je suis tellement accaparé par mon travail que je n’ai plus le temps d’écrire, ni même la force certains jours. Ce ne sont ni l’inspiration, ni les idées qui ne viennent pas, mais la flemme, la lassitude morale et physique qui m’envahissent d’un coup. Tiens, cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps : deux soirs de suite je suis monté me coucher et me suis écroulé dans le lit, sans même lire quelques pages. Je peux vous dire que c’est rare.

Putain de merde, est ce qu’un jour on va connaitre la sérénité ?

Est-ce qu’un jour on va pouvoir se lever sans la crainte des galères et s’endormir du sommeil des justes sans l’angoisse du lendemain ?

Mon boulot, je l’aime, c’est vrai et je m’y donne à fond c’est dire si je suis rentré dans le système, ce système de merde qui ne fait qu’empirer et qui n’est pas prêt de s’arranger. Il y a bien quelques voix qui s’élèvent, des gens courageux, qui luttent, qui se battent (mon frangin en est le parfait exemple) pour ouvrir les yeux des gens mais que d’énergie dépensée pour un résultat souvent décevant.

Je ne suis qu’un pion, un petit truc, qui aime la vie mais qui est las. Je suis un de ces milliers de rouages qui engraissent une petite partie de la population mondiale.

Je suis juste une petite brique, another brick in the wall…

14/01/2015

L'ombre d'un doute...

J’ai appris ce matin vers 10h que le dernier Charlie hebdo est quasiment introuvable et çà me fait bien marrer. Si le journal réussit à survivre et à surmonter la perte de ceux qui en étaient l’âme, y aura-t-il un nouveau numéro la semaine prochaine et les gens iront ils en masse comme aujourd’hui se précipiter pour l’acheter ? J’ai de gros doutes…

La semaine dernière une des collaboratrices du journal racontait que les ventes étaient en chute et que les difficultés étaient grandes. Charb était allé frapper à toutes les portes possibles pour trouver un soutien et des aides financières, sans succès et que certains qui ont défilé la semaine dernière lui avaient tourné le dos. Ca aussi çà me fait bien marrer….

Loin de moi l’idée de jouer les sombres défaitistes mais dans quelques semaines et quelques mois, qu’en sera-t-il de cette ferveur populaire ?  Je suis un fervent opposant à tout ce qui est extrémisme, obscurantisme, antisémitisme et fanatisme religieux de quelque origine qu’ils soient mais la nature humaine va-t-elle changer pour autant ?

Y’aura-t-il de millions de personnes dans les rues quand une petite entreprise de 50 personnes fermera ses portes quelque part dans un coin de notre pays et que les employés se retrouveront au chômage ? J’ai de gros doutes…

Les gens vont-ils ne plus être indifférents à la misère, aux SDF dont le nombre ne cesse d’augmenter, seront-ils plus solidaires aujourd’hui ? Là encore, j’ai de gros doutes…

Je n’achetais pas Charlie Hebdo, j’ai lu Hara Kiri et Fluide Glacial il y a longtemps ainsi que les BD de Reiser, Wolinski et Cabu et je n’ai pas envie de me ruer comme un mouton sur le numéro sorti aujourd’hui. Cela ne m’empêche pas d’avoir du respect pour la caricature, l’humour grinçant même si parfois çà dérange et je souhaite à Charlie de continuer à vivre (ou survivre) mais hélas, là aussi j’ai de gros doutes…

clip_image0022.jpg

09/01/2015

Liberté, liberté chérie...

La liberté d'expression est une des valeurs fondamentales de notre pays. Des assassins ont tenté par un acte immonde et barbare de museler cette liberté.

Ne nous laissons pas faire, continuons à nous exprimer librement et à accepter des opinions ou des pensées qui sont différentes des nôtres dès lors où elles respectent les droits de l'homme.

Ne nous laissons pas non plus, habités par la haine car c'est ce que veulent ceux qui ont perpétré l'attentat de Charlie hebdo. C'est ce que vous auraient dit ceux qui ont perdu la vie mercredi dernier.

A la mémoire des 12 personnes lâchement assassinées le 7 janvier 2015.3044373-jpg_2649376_652x284.JPG