Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Mon âne sur la route...

    ane.gif

    Cette histoire date d’au moins vingt ans, à l’époque, encore célibataire ; je passais mes vacances au village à garder la maison familiale, nourrissant les animaux, m’occupant de Tania, notre chienne et tenant la maison propre.

    L’anecdote que je vais vous raconter m’est revenue alors que je photographiais cette semaine un petit âne gris près d’Armentières.

    C’était en fin de soirée, au mois d’août, il faisait beau et chaud et je devais probablement griller une cigarette dans la cour de la maison lorsque soudain, près de la grande grille d’entrée, j’ai aperçu un âne, seul, une corde lui servant de licou pendant vers le sol.

    Un peu indécis, j’hésitais à m’approcher mais mon âne ne bougeait pas. Les rues du village étaient très calmes et j’étais seul dans les environs.

    Je finis par me décider et je m’approchais à pas lents de ce quadrupède aux grandes oreilles en lui parlant avec douceur pour ne pas l’effrayer. Se laissant aisément faire, je lui caressais le museau, les oreilles et la croupe sans qu’il semble en être affecté.

    Mais d’où venait il sacrebleu ?

    Le village n’est pas bien grand et on sait plus ou moins qui possède un tel animal.

    Retournant vers la maison, je pris la décision de m’occuper de lui, je fermais les portes et prenant sa bride par la main, je l’emmenais avec moi à travers le village, me disant que peut être il appartenait à une ferme dont je connaissais les propriétaires.

    Chemin faisant, je croisais Bertrand, mon ami de l’époque,  lui présentait mon compagnon que j’avais affectueusement nommé Aliboron. Lui aussi eu la même idée que moi quant à son propriétaire et nous fîmes ensemble le chemin.

    Hélas, la fermière à qui nous avions ramené Aliboron, n’en était pas la propriétaire mais après réflexion, elle pensait savoir à qui il appartenait. Elle nous proposa donc de le mettre dans une écurie afin qu’elle puisse dès le lendemain prévenir son maître.

    Je dois l’avouer, je laissais derrière moi mon ami Aliboron avec regret, nous avions partagé ensemble une aventure qui n’arrive pas à tout le monde et parfois, comme ce soir, je repense à lui que je n’ai jamais revu.

     

     

  • Ite missa est...

    3540271239_logo.jpg

    Je suis issu d’un milieu très catholique, mon éducation ainsi que celle de mon frère et mes jeunes sœurs en a été fortement teintée. Je ne vous parle pas d’intégrisme religieux, non, mais quand même, comme beaucoup de jeunes du village, nous devions assister à la messe chaque dimanche, aller régulièrement se confesser, faire notre catéchisme, nos communions etc.…, j’ai même été enfant de chœur pendant plusieurs années.

    Je n’y ai pas que des mauvais souvenirs, non, pas du tout mais à l’âge de maturité que j’ai (normalement) atteint, il est des choses qui reviennent à l’esprit, qui font réfléchir et qui viennent faire vaciller les acquis déjà remis en question depuis fort longtemps.

    Dès que j’ai pris mon autonomie, j’ai cessé de fréquenter les milieux catholiques et lorsque j’ai dû le faire, c’est par obligation et non sans une certaine gêne, un certain mal être.

    Je sais que mes propos vont choquer en particulier des gens de ma famille et mes propres parents mais je ne peux plus supporter l’hypocrisie latente presque omniprésente dans la religion chrétienne tant elle fait en sorte de faire de ses adeptes des moutons de Panurge, bons petits ouvriers ou soldats se tuant à la tâche pour engraisser les plus riches. Ces derniers fréquentant bien entendu les bancs de l’église et entretenant tout cela comme il se doit, à coup de dons, de bonnes paroles et d’hypocrite générosité envers les plus démunis.

     

    Pourquoi je vous parle de cela aujourd’hui, tout simplement parce que ce matin m’est revenue une phrase que j’ai souvent entendue dans ma prime jeunesse : « Il n’y a pas de plus bel amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

    Oui, c’est vrai, je crois que je n’hésiterai pas à mettre ma peau en danger pour sauver les miens c’est une évidence et cette phrase au premier abord est magnifique. Cependant, lorsque l’on va au plus profond des choses et qu’on y réfléchit bien, elle a une signification bien plus perverse : quoi de mieux que cette belle phrase pour motiver les hommes à aller mourir au champ d’horreur car après tout, l’église a souvent eu les mains trempée dans le sang.

    C’est tellement plus facile de mener les gens vers l’abattoir en leur faisant brandir des icônes religieuses et spirituelles.

     

    Une autre grande maxime chrétienne du même acabit m’est alors revenue à l’esprit : « Quand on te frappe la joue droite, tend la joue gauche », autrement dit reste fier devant la violence et ne la provoque pas à ton tour Que c’est noble tout cela sauf quand on va analyser les choses plus précisément on voit les choses totalement différemment: soit un bon petit soldat, quand ton chef ou ton supérieur t’engueule, tais toi et baisse la tête ; mieux, dis lui qu’il a raison. Sois un bon petit mouton bien dressé qui ne remet pas en question les ordres de la hiérarchie qu’elle soit militaire, professionnelle ou sociale.

     

    A n’en pas douter, il y a vraiment des gens qui s’investissent pour aider les plus faibles et les plus démunis mais ce sont souvent des gens eux même de modeste condition. Point n’est besoin d’aller cirer les bancs de l’église avec des super toilettes et des costards de prix chaque dimanche pour se donner bonne conscience.