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  • La grande bouffe

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    J’adore le cinéma, nos avons la chance d’avoir à 15 minutes de chez nous un complexe cinématographique important avec un parking immense, un nombre de salles impressionnant et en conséquence, un choix très large de films.

    Il faut reconnaître que les salles sont confortables, qu’un grand comme moi n’est plus gêné comme autrefois pour caser ses jambes et que l’acoustique est parfait. Tout est fait pour passer un moment agréable.

    On peut encore se permettre d’y aller tous les quatre une fois par mois, grâce aux tickets à prix réduits que j’ai au boulot car, force est de reconnaître, que le prix d’une entrée au cinéma est devenu onéreux, rappelez vous combien vous deviez payez il y a 20 ans.

    Bref …

    Il y a par contre une chose qui me dérange fortement et qui me fera passer à vos yeux pour un vieux ringard ou un éternel râleur mais je n’y peux rien, je trouve cela choquant. Les salles de cinéma sont devenues pour certaines une véritable salle de restaurant. Les boutiques situées dans les galeries d’accès aux salles proposent un choix digne d’un fast food, c’en est écœurant.

    On voit des gens s’installer avec de véritables plateaux remplis de nourriture et de boissons donc, on en vient à se demander s’ils sont venus regarder un film ou s’ils sont là pour se gaver de sucreries ou autres.

    Non contents de se gaver, ces personnes, tout le long du film, remuent des papiers, des plastiques, des boites, et parfois lorsqu’ils sont placés derrière vous, vous gratifient de bruits de mastication d’une rare discrétion (merci le pop corn).

    Je sais que tout cela est un véritable business et que ce n’est pas près de s’arrêter, je sais aussi que cela correspond hélas à notre société de surconsommation et que ce n’est pas mon article qui va bouleverser les choses mais nous avons encore, pour le moment, le droit à l’expression, donc, je m’exprime.

    Le cinéma est un art connu et reconnu et les véritables cinéphiles fréquentent les salles obscures par passion et amour pour cet art, ils ne sont là que pour se gaver de belles images et rêver pendant quelques heures. Pour les autres, ceux qui ne peuvent se passer de bouffer, il existe des fast foods ou des selfs, voire même certains restaurants où on trouve des grands écrans, ils pourront à loisir se remplir le ventre tout en jetant un œil distrait sur les images qui défilent sous ses yeux.

    Il y a plus grave et bien plus sérieux comme sujet j’en convient, mais bon Dieu, ce que çà fait du bien de se lâcher.

  • Le jardin de tante Zélie

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    J’ai vécu pendant près de 18 ans dans la maison de mes parents à Bevillers, petit village de 500 habitants perdu au milieu des plaines du Cambrésis. Cette maison mes parents l’ont revendue il y a trois ans mais elle est encore présente dans mes souvenirs, je vous en reparlerai une autre fois.

    A ma naissance, avant de racheter sa maison natale, mon père s’est installé avec ma mère dans la maison de sa tante Zélie et de son oncle Etienne dont une partie était alors habitée par mon arrière grand-mère. J’ai des bribes de souvenirs de cette période, même si certains sont un peu flous.

    En revanche, lorsque ma grand tante et son mari s’y sont réinstallés, j’y allais fréquemment car je les aimais bien, Zélie, la sœur de ma grand-mère Mariette était toujours très gentille avec moi, son mari mon’onc Etienne aussi.
    De la cour, derrière la maison, on pouvait accéder en traversant une grande remise au jardin. Ce jardin, je l’adorais. D’abord parce qu’à droite il y avait une grande volière remplie de poules, de pigeons, de tourterelles mais aussi de magnifiques faisans au plumage si chatoyant. Pour le gamin que j’étais, c’était un mini zoo. Sur la gauche ensuite s’étendait un immense jardin, fendu en deux par une petite allée qui lui donnait accès. En fermant les yeux et en y repensant, le premier souvenir est olfactif. Un mélange de fleurs, d’herbes, d’odeurs de fruits et de légumes m’envahit les narines et je ressens encore cette ivresse simple et naturelle qui me saisissait à l’époque.
    Au bout de ce très grand jardin, se dressait un mur avec un portillon en bois, derrière lequel il y avait une grande pâture parsemée d’arbres fruitiers. C’était là qu’étaient élevés les moutons.

    De cela aussi j’ai un souvenir vivace et plein d’odeurs, je me souviens des morceaux de laine de mouton accrochés aux troncs des arbres et de leur odeur si particulière qui ne me déplaisait pas, je suis né à la campagne et j’y étais habitué, c’était naturel pour moi.

    En repensant à tout cela, j’ai l’impression, en fermant les yeux et en prenant le l’autobus de mes souvenirs de traverser à nouveau cet endroit et de respirer toutes ces odeurs. Je me sens alors bien, détendu, serein, comme le gamin que j’étais à ce moment là.