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  • Le père Noël est (toujours) une ordure !!!

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    A n’en pas douter, la magie de Noël, celle de mon enfance a bien foutue le camp. Le bon papa Noël, ce bon gros bonhomme tout vêtu de rouge que j’ai connu n’est plus. Son remplaçant a troqué l’habit rouge pour un costume bien coupé et sa hotte par un attaché case en peau de croco. Finis les rennes et le traîneau, aujourd’hui il se déplace de son appartement de Manhattan jusqu’à Wall Street en limousine avec chauffeur.

    Aujourd’hui, Noël se résume à des chiffres, des pourcentages, et surtout des bénéfices, tout n’est plus qu’une histoire de fric.

    Comment les enfants d’aujourd’hui ne peuvent ils pas être blasés par tous ces catalogues, par toutes ses publicités dont on les assomme. Je me souviens quand j’étais gamin, avec mon frère, le seul catalogue que nous regardions à la fin de l’année, c’était celui de « La Redoute » et les pages de jouets. Lui et moi nous rêvions tout haut en imaginant avoir tel ou tel jouet…une panoplie, une ville western pour nos cow-boys, une diligence, des colts en fer, des jeux de société… Bien souvent on ne trouvait pas, sous le sapin, ce dont on avait rêvé, mais nous étions toujours heureux, émerveillés par l’ambiance chaleureuse et excitante du matin de Noël.

    Peut être suis-je aigri, il est vrai qu’à mon âge c’est compréhensible, la magie s’est estompée, c’est sûrement cela. Il n’empêche que la réalité est là, il suffit de passer dans les hypermarchés ces jours ci pour voir la cohue, les bousculades, l’énervement, le bruit, les cris des gamins avec lesquels on fait les achats de jouets (?).

    Et puis maintenant, on trouve les jouets, les chocolats, la grande bouffe, des semaines avant les fêtes ; surtout il faut impérativement faire le chiffre d’affaires prévu. Les galettes des rois de janvier sont déjà en vente depuis 15 jours !!!

    Monde de folie, monde de fric, monde de business à outrance où tout est utilisé, manipulé, arrangé pour ramener cela à l’argent et aux bénéfices.

    Il y a plus de vingt ans, les comédiens de la troupe du Splendid  avaient créé et interprété cette célèbre pièce de théâtre « Le père Noël est une ordure ». A n’en pas douter, malheureusement, le célèbre personnage l’est toujours, si ce n’est plus !!!

    Peut être allez vous me trouver cynique et désabusé et vous aurez sûrement raison. Quoi qu’il en soit, réfléchissez y, observez bien autour de vous et vous verrez que ce que je vous ai écrit n’est pas faux.

     

     

  • Par une journée froide de décembre...

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    Le 8 décembre 1980, je me souviens de ce sinistre jour car il m’aura à jamais marqué, comme au fer rouge.

    Aussi bizarrement que cela puisse paraître, c’est le 9 décembre au petit matin, alors que lycéen âgé de 16 ans, je prenais comme tous les jours mon café au « Mistral » un petit bistrot de Cambrai que j’ai appris la terrible nouvelle.

    Assis au bar en sirotant mon jus, j’ai entendu à la radio du troquet, « Eight days a week », ce n’était pas le style habituel de la station de radio derrière le comptoir et çà m’a intrigué. Quelques secondes après la fin du morceau, l’animateur a alors annoncé la nouvelle : John lennon avait été assassiné la veille à New-York quelques heures auparavant.

    C’est tout un monde d’illusions qui alors a basculé. Le militant pour la paix, l’adepte du peace and love, la seconde figure emblématique des Beatles, l’icône des sixties venait de succomber à la violence froide et inutile qu’il combattait. Né dans un monde dur et habitué très jeune à la rudesse de la vie, à la violence de la mort et de la tragédie, il ne pouvait, hélas, pas mourir comme tout le monde.

    La peine qui m’a envahi à l’époque fut immense, tellement j’admirais cet homme. Aujourd’hui encore, trente ans plus tard, j’y repense avec la même émotion.

    Je me souviens aussi du cours d’anglais de 11h à 12h où à la fin e ce dernier, toute la classe a écouté « Imagine », sans un mot, sans un bruit et lorsque la sonnerie de la fin du cours a retenti, personne ne s’est levé, laissant le morceau se terminer. Chacun s’est ensuite levé, très calmement, on sentait que quelque chose d’important venait de se produire et que les choses ne seraient plus comme avant.

    Le gamin de la Merseyside a rejoint sa mère qu’il aimait tant, sa Julia et son ami Stu qui l’avait brutalement quitté à l’aube des années soixante.

    A Liverpool, quelques heures après le drame, le téléphone a retenti et tante Mimi avant de décrocher s’est dit : « Mais qu’est ce qu’il a encore fait ? »

  • "Mangez-le si vous voulez" de Jean Teulé

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    Le 16 aout 1870, Alain de Monéys, jeune homme intelligent et respecté quitte la maison de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye dans le village voisin, il y arrive vers 14 heures.

    Deux heures plus tard, une centaine de personnes déchaînée, des paysans, des notables, des femmes, des enfants, l’auront battu, lynché, torturé, écartelé, brûlé vif et même selon certains témoignages, mangé.

    Dans ce livre, Jean Teulé retrace le martyre de ce jeune homme avec une précision et une minutie remarquable. Il n’en reste pas moins que ce récit est terriblement éprouvant, surtout quand on sait qu’il s’agit, non pas d’une fiction, mais d’un véritable « fait divers » survenu il y a 140 ans.

    Ce livre, je l’ai lu en une soirée, le cœur battant plus fort au fur et à mesure de mon avancée et du tragique calvaire qu’a subit le jeune Alain. C’est d’autant plus choquant que les principaux meneurs de ce supplice étaient des amis d’enfance du jeune homme avec lesquels deux heures auparavant il discutait en toute amitié.

    Comment un tel vent de folie meurtrière a pu embraser toute une foule qui au fil des minutes est devenue si brutalement hystérique et totalement inhumaine ?

    Le contexte politique, la sécheresse, la crise que subissaient les paysans, les artisans, les commerçants, la ferveur patriotique anti-prussienne après la défaite de Reichshoffen, l’abrutissement dû à l’ivresse d’une grande partie des tortionnaires, tout cela va malheureusement et tragiquement sceller le destin d’Alain de Monéys.

    J’ai mal dormi, mes rêves furent très agités car ce livre ne m’a pas laissé indemne. On a beau se dire que ce drame a eu lieu il y a longtemps, il ne faut pas oublier que la bête est toujours tapie dans le cœur des hommes et qu’elle guette, la moindre faille pour réveiller les haines, la violence et  la xénophobie.

    Hélas, l’histoire est témoin du comportement horrible des foules et des conséquences dramatiques que cela peut entraîner. Je ne vais pas citer tous les exemples mais les ratonnades, les purges d’après-guerre, les meurtres raciaux, les tragédies dans les stades, les massacres ethniques témoignent de ce que la foule peut avoir de dangereux et maléfique.

    Prenons garde à la bête, ne nous voilons pas la face, elle est bien enfouie en nous, et les plus doux des hommes peuvent dans certaines circonstances se transformer en terrible tortionnaire. Alors chacun  se doit d’y réfléchir pour empêcher que ce genre de tragédie ne se reproduise pas et pour étouffer cette haine et cette violence qui nous habite hélas tous.