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  • Ca, c'est vraiment moi...

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    Mon premier concert de rock, je l’ai vu en 1982, en novembre, un dimanche soir, à Lille, c’était le groupe Téléphone, j’avais 18 ans. Deux ans auparavant, mon père n’avait pas voulu que j’aille voir AC/DC et Trust en première partie parce que je n’étais pas majeur (j’avais eu la haine ce jour là…), mais là c’était sûr j’avais mon billet et avec mon pote Jean Philippe, nous étions fin prêts.

    A l’époque j’étais étudiant en deuxième année de BTS action commerciale à Lille et je partageais un appart avec un autre copain. Jean Philippe et moi sommes du même âge et notre passion pour la musique ainsi que nos origines modestes nous avaient rapprochés.

    Je me souviens de ce week-end là comme un des meilleurs de mon existence. Nous avons passé le samedi ensemble, avons dormi chez lui à Houplines près d’Armentières (je n’imaginais pas que j’allais m’installer dans le coin 16 ans plus tard). Le lendemain on est reparti à Lille à l’appart qui se situait rue de Trévise, pas très loin de la Foire commerciale, là où allait jouer Téléphone. Les bâtiments n’existent plus, ils ont été rasés, il faut dire que ce n’était pas très engageant, je me souviens de ces blocs de béton gris et sinistres.

    On a donc fébrilement attendu la fin d’après midi pour aller au concert qui démarrait à 18h…curieux non ? Un dimanche soir à 18h, c’est assez rare.

    Autant les bâtiments étaient gris et froids de l’extérieur, autant l’ambiance à l’intérieur était elle, chaude et électrique (les artistes qui viennent dans le Nord vous diront que l’ambiance est souvent très chaleureuse, cela dit sans chauvinisme de ma part). Les premiers mouvements de la foule m’ont un peu effrayé mais je me suis vite mis dans l’ambiance, et quelle ambiance. Téléphone était à cette époque, le groupe français de rock numéro 1 et leurs albums cartonnaient, ils venaient de sortir « Dure limite »  qui faisait un tabac. Après deux heures de bon rock n’ roll, nous sommes rentrés tranquilles à l’appartement, des lumières plein les yeux, de la zique plein les oreilles, je venais de vivre mon premier gros concert…quel bon souvenir (j’ai toujours le billet d’ailleurs).

    Comme tout cela s’était terminé de bonheur, on a fini la soirée avec mon pote en sirotant une petite bière et en grillant quelques cibiches en regardant un film à la télé (la petite noir et blanc que nous avions) et croyez moi si vous voulez, je me souviens parfaitement de ce film, c’était « Le limier » avec Laurence Olivier et Michaël Caine, un super film.

    Voilà… quelques mois plus tard, JeanPhi et moi avons eu notre diplôme et nos chemins se sont séparés, lui est parti bourlinguer à travers le monde, c’est ce qu’il avait toujours rêvé de faire, moi j’ai commencé à bosser à Lille. On s’est revus une fois avec nos épouses, en 1993 et je l’ai ensuite perdu de vue même si je savais qu’il vivait à Singapour. Ce n’est que très récemment que l’on s’est retrouvés grâce à Facebook.

    Mon cher Jean Philippe, je ne sais pas si tu te souvenais de tout mais en tout cas, pour moi c’est un super souvenir que je suis content d’avoir partagé avec toi.

     

  • High fever !!!!

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    Ca ne m’était pas arrivé depuis l’an dernier et là, bing, j’ai fait une rechute. Impossible d’échapper à cette maladie, si tant est que s’en soit une. Parfois je me demande si je n’ai pas été envoûté, ou alors, il s’agit d’un virus incurable.

    Toujours est il que ce matin, après quelques semaines d’accalmie, j’ai rechuté gravement. Et oui chers amis, j’ai rechopé une Jilcaplanite aigue carabinée. Chaque matin, avant de démarrer pour partir en clientèle, je glisse un CD dans le lecteur de ma C3, en général, j’ai pris 2 ou 3 albums pour la journée. Mais là, saisi par une forte fièvre et guidé comme par une main invisible, j’ai pris la pochette de CD qui reste dans la voiture et j’ai écouté « A peine 21 » puis « La charmeuse de serpents » puis « Avant qu’il ne soit trop tard » de Jil Caplan.

    En plus, je sens que la crise est forte et que demain, j’y aurai droit à nouveau, ce sera les albums « Jil Caplan » « Toute crue » « Derrière la porte » et vraisemblablement aussi « Gueule d’amour » et mes inédits.

    Les symptômes ? Une douce béatitude, un frisson de plaisir immense, une forte fièvre, l’envie de chanter, le sourire aux lèvres et l’œil pétillant.

    Ca me fait çà avec les artistes que j’adore mais là, c’est comme si parfois je devais rattraper vingt années de disette. C’est certainement pour cela que la fièvre est si intense.

    Allez, je vous laisse, des fois que ce soit contagieux.

    Ciao !!!

  • L'ivresse des souvenirs...

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    J’ai entamé début septembre 2010, ma sixième année consécutive « Sans alcool ». Depuis le 31 août 2005, j’ai en effet décidé de ne plus toucher à une seule goutte. A l’époque, plongé au cœur d’une spirale infernale, je risquais de tout perdre…

    Je me suis aperçu depuis que l’on peut rire, s’amuser sans boire de l’alcool. Je ne critique pas ceux qui boivent un peu, je comprends le plaisir à se régaler d’un excellent vin par exemple, mais j’ai tiré un trait sur tout cela.

     

    Le soir du réveillon du 31 décembre, mon épouse, m’a fait plaisir en mettant à table une bouteille de Vin de Challand. Elle sait très bien que cela évoque en moi une bouffée de souvenirs et une douce nostalgie. Pour ceux qui l’ignorent, le vin de Challand est un excellent jus de raisin au goût très fruité. Lorsque j’étais tout petit, mon arrière grand-mère, lorsque j’allais lui rendre visite, pour calmer l’effroi que me causait son chien Youki qui aboyait si fort, me proposait toujours un verre de Challand. Je me rappelle qu’elle le disait en roulant un peu les R…

    Grand-mère Leroy…je me souviens de tous les détails, son grand lit en fer et ses draps blancs avec de la dentelle. Son grand fauteuil en osier à côté de la table ronde dans la petite pièce où elle vivait. Le placard d’angle incrusté dans le mur dans lequel elle rangeait son fameux vin et les biscuits. Sa petite taille et son chignon, sa canne et bien sûr Youki, qui aboyait tant et qui me terrorisait.

    Je me souviens de la dernière fois où je l’ai vue, quelques jours avant sa mort, allongée dans son lit et racontant un peu n’importe quoi, j’avais 11 ans, j’en garde un triste souvenir. Elle nous a quittés à 97 ans, elle la mère de six filles qui sont toutes parties depuis, elles aussi très âgées. C’était une femme au caractère bien trempé mais qui fondait devant son arrière petit-fils qui habitait le même village.

    On me disait souvent que je tenais des Leroy, la branche de mon arrière grand-mère. Je vais avoir 47 ans en février et si je suis aussi coriace qu’elle, vous allez devoir encore me supporter pendant encore…50 ans !!!