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  • Et si...

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    Et si j’étais né 20 ans plus tôt…de l’autre côté de la manche, sur les bords de la Mersey à Liverpool.

    Oui, si j’étais né le 22 février 1944 et que j’avais été un sujet britannique âgé de 18 ans en 1962, j’aurai certainement craqué pour ces quatre garçons qui commençaient à faire parler d’eux du côté de chez madame Best à la « Cavern ». Je m’y serai certainement précipité, passionné de rock n’ roll que j’aurai été, moi qui écoutais depuis plusieurs mois ce qui parvenait des Etats-Unis et qui dépensait mes quelques livres dans l’achat de disques que ramenaient les marins dans le port de Liverpool.

    Peut être même qu’après les matchs des Reds le samedi à Anfield Road après m’être égosillé à supporter mon équipe en chantant « You never walk alone », peut être serai-je allé retrouver mes copains, Mike, Tommy, Steve, John et Brian pour s’éclater dans ce groupe que l’on venait de former, pauvre en matériel mais riche en énergie. Il n’empêche que depuis 3 mois qu’on répétait dans le garage du père de Mike, il y avait quelque chose qui commençait à venir et l’émulation que nous apportait les Beatles, nous rendait chaque jour plus confiants et plus forts.

    Et si j’avais habité Menlove Avenue dans le quartier de Mendips peut être aurai je rencontré cet espèce de rebelle, habillé de cuir, les cheveux gominés, avec ses lunettes d’écaille avec une guitare à la main. Peut être même l’aurai je croisé accompagné de son ami Stu et plus tard d’un tout jeune garçon au visage poupin prénommé Paul.

    Et si notre groupe « The Guilties » avait marché, peut être aurions nous embarqué nous aussi pour Hambourg et la Repperbahn. Peut être même que nous aurions été pris dans l’écurie de Brian Epstein et fréquenté John, Paul, George et Ringo.

    Et si nous avions enregistré un disque, peut être aurions nous connu nous aussi notre heure de gloire et fréquenté le gratin de la pop anglaise.

    Peut être aussi que nous aurions traversé l’Atlantique et découvert les USA, peut être aussi que nous serions passé au Ed Sullivan Show.

    Et si, devenu un auteur compositeur reconnu, j’avais été sollicité par les plus grand, je serai peut être devenu membre du Rock n’ roll Hall of Fame.

    Peut être même qu’après s’être séparés après la mort tragique dans un accident de voiture de Steve notre guitariste si talentueux, oui, peut être que 20 ans après nous nous serions retrouvés pour enregistrer ensemble un nouvel album et engagé une série de concerts.

    J’imagine qu’aujourd’hui, à 67 ans, un peu bedonnant et le crâne dégarni, je vivrai des jours heureux dans ma propriété en Irlande près des lacs du Killarney, heureux, entouré de mes enfants , mes petits enfants et mon épouse adorée.

    Et si j’avais été ce garçon, je n’aurai jamais connu Béatrice et n’aurai jamais eu mes trois enfants. Je suppose que je n’aurai pas connu mes amis qui me sont si chers et qui comptent beaucoup pour moi.

    Alors, je réfléchis, je regarde ma vie et je me dis que je n’ai que 47 ans, que j’ai encore l’esprit vif, que même si de nombreuse difficultés, parfois graves, nous assaillent, que j’arrive encore à voir le beau côté de la vie. Je me dis que ma vie n’est pas si mal et que j’ai vécu des choses bien agréables aussi.

     

    -Hé Christophe, t’es sûr que ton imagination n’est pas encore en train de déborder ?

    -Et si !

     

     

  • "L'affaire des sapins"

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    Lorsque nous étions enfants, mes parents, pour séparer le jardin de la grande pelouse située derrière la maison, avaient décidé de planter des sapins.

    Ainsi, armé d’une bêche, notre père avait consciencieusement et dans les règles de l’art planté les 4 ou 5 sapins, des Thuyas qui mesuraient à peine 1mètre.

    Seulement voilà, allez savoir ce qui se passe dans la tête de gamins de 10 ans, sans doute l’émulation, il se trouve que mon frère et moi avons eu envie de nous y mettre nous aussi.

    C’est donc muni de bêches et de rasettes, que nous aussi, nous nous sommes attelés à la tache, déplantant les sapins et les replantant selon notre mode et notre goût.

    Seulement voilà, nous n’avions pas l’habileté de notre père et le nouvel alignement laissait fortement à désirer. Pire, nous avions quasiment collé deux sapins l’un à côté de l’autre.

    Je vous laisse imaginer la tête de nos parents quand nous leur avons annoncé fièrement que nous avions retravaillé les sapins et l’engueulade qui a suivi.

     

    Par peur de les perdre en les déplantant à nouveau, nos parents prirent la décision de les laisser tels quels, pour éviter de les perdre, ils ne savaient pas que par ce geste, ils feraient le bonheur de leurs petits enfants.

    En effet, je crois me souvenir qu’à la suite de notre « chantier » , un sapin n’a pas survécu mais les autres, à l’inverse, ont majestueusement poussé, même ceux que l’on avait planté si proches l’un de l’autre.

    C’est justement cette bêtise qui allait ravir nos futurs enfants car en poussant de façon rapprochée, entre les troncs, sur une hauteur de 1mètre50 environ, sous les branches, rien n’a poussé formant ainsi une espèce de cavité ressemblant à une cabane.

     

    C’est ainsi que les 8 petits enfants de mes parents furent des années plus tard ravis chaque fois qu’il faisait beau temps, d’aller s’amuser au jardin et de jouer dans cette cabane naturelle créée involontairement par leur oncle ou père.

     

    Mes parents ont déménagé depuis, la maison étant trop grande pour eux seuls (nous étions 5 enfants) mais il n’est pas rare qu’un de mes trois enfants reparle avec nostalgie de cette cabane naturelle fruit du travail de leur père.