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09/11/2011

Phil PACE "Letters memory" l'album + l'interview

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Voilà des semaines, voir plusieurs mois que je dois écrire cet article. Chaque fois, un évènement m’en empêche et bien des fois, sous la douche, le matin, je l’ai pré écrit dans ma tête.
Je vais donc vous parler du second album de Phil Pace qui s’appelle « Letters memory » et qui est un excellent disque pour qui aime le rock, le blues et la musique tout cours.

Phil est né à Marseille, moi à Cambrai. Il vit à Paris, moi à Armentières, il fait du rock n’ roll, moi je vends des fournitures industrielles, on ne s’est jamais rencontrés, jamais entendus, et pourtant…
Pourtant, on a échangé quelques mails et découvert par le biais d’une amie commune, notre passion pour la musique et c’est là notre gros point commun, cette fantastique chose qu’est la musique : cette belle femme aux multiples amants.

D’abord, Phil m’a gentiment offert son album, ensuite il m’a accordé l’interview que vous découvrirez ci-dessous et puis, il a spontanément accepté que je reprenne un de ses morceaux lors d’un concert en août dernier.

 

Mais revenons à ce bel album composé de 11 titres enregistrés avec le groupe Spike en moins de 15 heures, ce qui est une belle performance même si comme nous le dira Phil, ils sont rodés. Cela dit, à l’instar de ce qui se faisait au début des sixties, je trouve que ce type d’enregistrement, permet de saisir l’énergie et l’âme des musiciens car à faire trop de prises, l’essence même des morceaux finit par s’étioler et perdre de sa force première.

Je ne vous détaillerai pas les titres un par un, non, simplement vous dire qu’il a deux titres enregistrés avec son amie Valentine  (Jil Caplan), « Confession song » et « I won’t go back », qu’il y a une belle reprise, très originale du, « Walk the line » de Johnny Cash et que l’album se termine par l’excellent « Oh Joker » que j’écoute souvent 3 ou 4 fois d’affilée.

Tous les morceaux originaux sont composé par Phil et Patrick Matteis et remarquablement interprétés par la voix grave et chaude de Phil.

Vous aurez dès les premières notes l’impression de rouler dans une décapotable, cheveux aux vents, sur une grande route au milieu du désert.

Franchement, sans parti pris, si vous aimez le rock n’roll, n’hésitez pas un seul instant car cet album est excellent, je vous le recommande chaleureusement, offrez vous ces instants de plaisir.

 

 

Vous trouverez dans l’interview les informations nécessaires pour vous procurez cet album et mieux connaître Phil, mais avant toutes choses, laissons la parole à l’artiste lui-même :

 

> 1-     Salut Phil, en quelques mots, peux tu te présenter. Qui es tu ? D’où viens tu ?

Je m’appelle Phil Pace, ce n'est pas un pseudo, je suis né à Marseille au beau milieu des 60', d'origine Britannique par mon père et Italienne par ma mère. J'ai fait mon premier concert à 16 ans en tant que chanteur et depuis les expériences musicales ont été diverses et nombreuses : divers groupes, studios d'enregistrements, signatures avec éditeurs ou maisons de disques jusqu'au label Daruma monté avec 2 complices il y a 5 ans.


> 2-     Première question importante (même si je connais certaines réponses), quelles sont tes principales influences musicales ?

Les 2 premiers vinyls que j'ai pu m'acheter et que j'ai écoutés pendant des années sont le double bleu des Beatles et "Harvest" de Neil Young. Ces 2 albums résument assez bien le mélange musical qui m'a inspiré: une conception anglaise de la mélodie plutôt inspirée des années 60 et 70 arrangée de manière rock et folk outre-Atlantique.
J'ai profondément été marqué par les Beatles, Stones, Who, Kinks, Beach Boys que j'ai découverts en premier, puis par les grands des années 50 Elvis, Cochran, Buddy Holly, également la musique noire d'Atlantic,Stax ou Motown puis un peu plus tard les 70'avec Led Zep, les Doors, The Band pour ne parler que des plus grands.
Je suis fan de Dylan et de Tom Petty, Springsteen, Elvis Costello mais la liste est très longue.



> 3-     Ecrire de belles chansons nécessite d’aimer la lecture, quelles sont tes principales influences littéraires ?


Tu risques d’être déçu mais je lis assez peu. J'ai cependant été fasciné par Shakespeare lors de ma 1ere année de fac d'anglais.
Je crois que pour écrire il faut avoir l'esprit ouvert, être à l'écoute de ce que l'on ressent de ses propres émotions et réceptif aux autres, avoir un minimum d'empathie.


> 4-     Pourquoi le choix d’écrire en Anglais plutôt qu’en français ?

Tu pourras remarquer facilement que dans mes influences il n'y a peu de Français. Tous ceux qui m'ont donné envie de monter sur scène sont anglais ou américains ; c'est donc naturellement et sans même me poser la question que j'écris en anglais, c'est la langue de la musique qui me touche. De plus, c'est la langue de ma grand-mère chez qui chaque été je passais les vacances à Londres, là où j'ai découvert à la BBC les groupes dont on a parlé. Elle connaissait le nom de chaque musicien de chaque groupe qui passait à la télé. Ce n'est ni Guy Béart ni Georges Brassens qui m'ont donné envie de monter sur scène et de faire de la musique.

C'est dans la conception française, sûrement à cause de l'héritage littéraire, de vouloir séparer la musique du texte.
La voix est un instrument au même titre qu'une guitare ou un violon, c'est l'instrument qui exprime la mélodie dans le format musical que j'ai choisi. Cela fait partie du choix artistique et de la couleur que tu veux donner à ta chanson.
Pour moi, c'est comme si on demandait à un peintre pourquoi il a utilisé plus de bleu que de noir ou de rouge...c'est pareil!


> 5-     Personnellement, je trouve « Letters memory » plus mature, plus abouti que « There’s a place » ton précédent album, ce qui ne retire en rien la qualité de ce dernier. Es tu de mon avis ?

Totalement!
J’ai voulu éviter les écueils du 1er album, rester unitaire. C'est pour cela que pour l'enregistrement de "Letters memory" il y a eu une unité de temps, on a réussi à sortir des versions qui nous satisfaisaient en 2 ou 3 prises maximum. Unité de lieu également car tout a été enregistré dans le même studio dans le 95, le studio du label Daruma, et d'action car sur chaque chanson on retrouve les mêmes musiciens.


> 6-     Toujours à propos de « Letters memory », je suis impressionné par la rapidité avec laquelle cet album a été enregistré, moins de 15 heures. Si on fait un rapide calcul cela fait 1h20 de moyenne par titre, c’est impressionnant. A quoi cela est il du ?
Cette année, cela fera 20 ans que l'on joue ensemble avec Spike, on a joué dans des tas de lieux et de conditions parfois insolites.
Le batteur de la formation du départ est Benoit Fournier qui par la suite est allé jouer avec Matmatah. Jean-Luc Lopez joue avec nous depuis 2 ans, il a joué avec pas mal d'artistes différents mais celui que j'aime le plus citer c'est Chris Spedding. Denis Richard est à la basse, Patrick Matteis à la guitare et Alain Belamiri joue  des percus et chante également.
C'est la musique qui nous a réuni mais aujourd'hui on est des amis. Pour moi, c'est totalement impensable d’être sur scène ou en studio avec des gens avec qui je ne me sentirais pas en confiance ou sur la même longueur d'onde humainement, cela ne m’intéresse pas.On a acquis une complicité qui nous rend meilleurs ensemble que séparément je crois.
Pour l'enregistrement de "Letters memory", on  s'était juste dit qu'on allait jouer ces nouvelles chansons en ouvrant les micros pour enregistrer et voir ce que cela donnerait... un peu comme un test. On a eu de la chance, cela s'est très bien passé, personne ne connaissait les chansons et il a suffit de 2 ou 3 prises par titre, parfois même moins.On a enregistré 12 titres pour n'en garder que 10, tout cela sur une demi-journée et une soirée. Le fait d'aller vite conserve la fraicheur, la spontanéité et le plaisir.
De plus on s'est tous mis au service des chansons, il y a peu de frime dans le jeu de Spike.

> 8-     Tu co-signes tes titres avec Patrick Matteïs, qui est il ?


On est amis depuis un bail, on était dans le même lycée à Marseille, on partageait des amis communs et un local de répétition avec nos groupes respectifs. Petit à petit, on s'est mis à bosser ensemble, passionnés par l'enregistrement et le son grâce à notre goût commun  du travail des Beatles et de George Martin. Nous avons monté un studio 8 pistes puis un 16 (à bandes et oui!)Pour nos chansons et celles d'autres groupes.
Patrick est non seulement un excellent guitariste et songwriter, c’est également quelqu'un qui a une vision globale aussi bien sur la production que sur l'enregistrement. Actuellement il bosse avec Jean-Christophe Urbain et Jil Caplan sur leur futur projet.


> 9-     Valentine (Jil Caplan) chante en duo sur deux titres (I won’t go back et Confession Song), vous êtes très amis. Sans indiscrétion, à quand cela remonte t’il ?

La première rencontre s'est faite sur le tournage d'un clip : celui de Clark du groupe Clark & The Famous Suspects en 2007. Mais on peut dire que j'ai  réellement sympathisé avec elle, ainsi qu'avec Jean-Christophe, à partir du moment où elle a décidé d'enregistrer "REVUE" dans le studio Daruma il y a un peu plus de 2 ans.
J'ai vraiment été ravi qu'elle accepte de chanter sur 2 titres.


> 10- Sur chacun de tes albums, tu reprends un titre d’un artiste connu (Cold Turkey de Lennon sur le premier et Walk the line de J.Cash sur le second). Ce qui est original et que j’aime, c’est que tu en proposes une version quasi différente de l’original. Pourquoi ?

Ce que je fais s'inscrit dans une tradition, j'essaye juste d'y apporter ma voix, ma sensibilité.Pour ce qui est des covers sur les  2 albums, ce sont des hommages à des grands qui m'inspirent, j'essaye de proposer une version différente mais qui respecte l'esprit de l'original. Reprendre "Cold turkey" en essayant de singer Lennon serait ridicule.


> 11- Comment les gens peuvent ils se procurer « Letters memory » ?

Letters memory est disponible en version numérique sur toutes les plate-formes légales de téléchargement. D'ici peu, je le proposerai en version CD sur mon site www.philpace.fr.


> 12- Tu fais actuellement des concerts à Paris mais as-tu un projet de tournée en province ?

Pas encore mais ce n'est pas l'envie qui manque, le public en province est souvent plus généreux et moins blasé que dans la capitale. C'est sûrement dû à la multitudes de concert proposés chaque soir dans la capitale.

> 13- Quels sont tes projets en cours ou à venir ?

Une dizaine de concerts dans un petit festival acoustique en plein air au Parc des Buttes Chaumont et commencer l'écriture du 3eme album .....et un peu de soleil cet été dans le sud.


> 14- Pourquoi le titre « Letters memory » ?

Parce que lorsque l'on parlait d'unité par rapport à l'enregistrement de "Letters memory", il y en a aussi une au niveau des textes.
Presque chaque texte est écrit en pensant ou adressé à une personne précise à propos d'une histoire précise. L'ensemble est peu comme un recueil de correspondances d'où le titre de l'album.


> 15- A titre personnel, « Oh Joker » est mon titre préféré, il n’est pas rare que je le passe 3 ou 4 fois d’affilée. Est une sorte de clin d’œil à Steve Miller ou pas du tout ?

J'aime beaucoup la chanson de Steve Miller mais il n'y aucun clin d’œil !
Dans le cas présent ce "joker" est un bouffon, un ptit gars tout nerveux qui essaye de se la jouer cool, un frimeur qui exhibe sa femme comme un trophée, qui n'a pas peur du ridicule et manie le mensonge en expert.







Merci Chris !

 

19:46 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

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