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  • "Demande à la poussière"

    Demande%20a%20la%20poussiere.jpgBonjour amis cinéphiles,

    Le week-end dernier, j'ai eu l'occasion de regarder le film tiré de l'histoire dont je vous ai parlée il y a quelques jours, l'excellent livre de John Fante, "Demande à la poussière" (voir la note du 5 septembre).

    L'affiche est alléchante avec Colin Farrel en Arturo Bandini, l'Irlandais a les cheveux et les yeux si noirs qu'il peut passer pour un italo-américain. Salma Hayek quant à elle n'a pas à se forcer pour interpréter le rôle de Camilla, la serveuse mexicaine, étant elle même née au Mexique.

    On est rarement satisfait de l'adaptation d'une oeuvre littéraire, de par le simple fait qu'au cours de notre lecture, nous avons imaginé les personnages et les lieux de l'histoire. C'est d'autant plus difficile quand le livre en question nous a énormément plu.

    Alors que dire du film de Robert Towne si ce n'est que la première partie du film, disons jusqu'au tremblement de terre de Los Angelès, est plutôt fidèle au livre et que l'on a de bonnes sensations. La déception survient après lorsque la partie finale est complètement occultée au profit d'une conclusion un peu trop "Hollywoodienne". Je ne veux pas dire par là que la fin est nulle, non, si vous ne connaissez pas le livre,rien de particulier à redire. Par contre, même si je comprend parfaitement que l'on ne peut pas montrer dans le film toutes les scènes du livre, je regrette beaucoup ce remaniement dans la dernière partie de l'histoire, trop prévisible alors que celle du livre est plus tourmentée, sombre et mystérieuse. Il y a aussi la mise à l'écart du personnage de Sammy, le barman et la minimisation des interventions du voisin de Bandini, le tortueux Hellfrick.

    A souligner néanmoins les performances de Idina Menzel, très convaincante dans le rôle de Vera Rivken ainsi que l'excellent Donald Sutherland qui campe un Hellfrick à la hauteur de ce que j'imaginais. Il y a aussi Justin Kirk qui interprète sobrement le rôle de sammy le barman.

    Chacun est juge quant à la qualité ou non d'un film, c'est pourquoi je me méfie souvent des critiques. Je préfère souvent me faire ma propre opinion. "Demande à la poussière" est un bon film pour qui n'a pas lu l'histoire. Pour les autres, je pense que vous me rejoindrez dans l'analyse que j'en fais et les conclusions que j'en tire.

     

  • L'épuration de 1944

    epuration.jpgPour la première fois sur ce blog, je voudrais faire un commentaire sur une partie sombre de l'histoire de notre pays, la seconde guerre mondiale et en particulier, l'épuration de 1944.

    Pourquoi ?

    Dans la nuit de vendredi à samedi, alors réveillé comme souvent, j'ai regardé un document sur Arte/La 5 qui montrait uniquement des images de femmes tondues et molestées, sans commentaires, avec la même musique terne et lancinante tout le long du documentaire. C'était pénible à regarder.

    Bien sur que des monstruosités ont été commises durant la guerre, c'est évident que des gens sans scrupules ont dénoncé leurs voisins par vengeance, par haine ou par plaisir. Je condamne avec véhémence, la torture, l'antisémitisme,le totalitarisme, la haine et je comprend qu'à la libération il y est eu des règlements de comptes, c'était inévitable..

    Cependant, était ce nécessaire d'humilier ces femmes de par le simple fait qu'elles avaient aimé ?

    La réponse est non, en visionnant ce film, j'ai eu honte, lorsque j'ai vu des femmes et rien que des femmes, battues, humiliées, bafouées. Je me disais que certaines avaient peut être commis de lourdes fautes, mais je pensais que d'autres avaient juste connu l'amour comme peut être cette jeune femme qui, sur la photo, porte son bébé dans les bras.

    Quel courage immense qu'on eu ces gens face à la faiblesse et à la détresse de ces femmes qui non contentes d'avoir perdu l'homme qu'elles aimaient ont ensuite du subir les pires humiliations à la libération et pour le reste de leur vie. Sans oublier les enfants nés de ces amours "interdits" qui longtemps après la fin de la guerre ont eu eux aussi à subir la haine des autres.

    Juste une dernière chose pour conclure mon propos, je me demande si parmi les gens qui sont sur la photo et qui visiblement prennent un plaisir non dissimulé à humilier publiquement cette jeune femme il n'y a pas quelques "collabos" qui se cachent ou s'il n'y a en a pas d'autres qui n'ont pas de choses à se reprocher, trop contents que la haine de la foule se déverse sur une autre qu'eux.