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J'aime...Je déteste - Page 5

  • Coke en stock

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    Il aura fallu une discussion chez un client cette semaine pour que je me souvienne que j’avais noté dans un coin de parler de cette profession qui a quasiment disparue, celle de marchand de charbon.

    Cela ne parlera pas aux plus jeunes mais pour ceux qui, comme moi, ont vécu au village fin des années 60 et dans les années 70, cette profession jadis prospère existait un peu partout. Il faut dire qu’à l’époque, bon nombre de foyers étaient encore équipés de poêle à charbon.

    Pour illustrer mes propos, je vous parlerai de celui que j’ai connu, Joseph, le marchand de charbon du village de mon enfance. Sa maison se situait à quelques mètres de celle de mes parents, de l’autre côté de la petite place qui aujourd’hui, s’appelle la place verte. C’était une grande maison, toute en longueur avec un hangar sur le côté et une grande cour dans laquelle étaient entreposés les différents types de charbon, en boulets ou en morceaux. A l’intérieur du hangar, d’un côté les sacs remplis et les sacs vides et de l’autre, un stock de caisses de boissons (eau minérale, limonade, vin, bière) car en plus de vendre du charbon, Joseph avait étendu son activité à la livraison de boissons.

    Quand je l’ai connu, il ne venait à la maison que pour nous livrer les caisses de bouteilles d’eau et de bière en grandes bouteilles de verre. Nous préparions les caisses avec les consignes pour faire l’échange. Par contre, il y avait un certain nombre de maisons où il livrait encore du charbon : soit par sacs qu’il déposait, soit en versant le charbon par une trappe qui donnait dans la réserve à charbon des habitations (en général à la cave). Il reprenait ensuite ses sacs et les repliait soigneusement sur le plateau du camion.

    Je me souviens bien de lui, il était calme, introverti, peu causant et je l’ai toujours connu avec quelque chose sur l’épaule, la tête légèrement de biais, ses vêtements noircis. On avait peine à le reconnaître, le dimanche, quand il sortait rasé de près et habillé en costume.

    En ville, au village, à une époque cette profession était répandue, certains ont étendu leurs activités, d’autres ont fini par disparaître mais je revois bien ce vieux camion Citroën gris si caractéristique que l’on voyait fréquemment dans le village. C’était il a longtemps, dans une autre vie…

  • Spleen printanier

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    Est-ce la flemme, la fatigue pesante et latente de ces dernières semaines, certainement. Il y a une éternité que je n’avais pas publié d’article et aligné quelques mots sur la page blanche.

    J’ai pourtant une petite liste, un pense bête sur laquelle je note mes idées, les sujets de mes prochains écrits mais non, l’envie n’y est pas.

    Je m’inquiète de ce monde qui nous entoure, de cette froide indifférence, de ces dirigeants au pouvoir qui ne pensent qu’à eux et qui n’ont aucune idée de ce qu’est la vie de tous les jours, celle des vrais chômeurs, celle des sans abris, celle des gens qui travaillent mais qui ont du mal à boucler leur fin de mois, celle de ceux qui souffrent en silence sans rien dire.

    En ce moment, je lis, je dévore des bouquins, des polars pour être précis,tout particulièrement des auteurs venant des pays nordiques (Suède, Danemark, Islande, Norvège…), çà m’évade, çà me fait découvrir d’autres lieus, d’autres gens, d’autres mœurs.

    Et puis il y a ce climat, ce foutu temps qui nous déglingue, douceur, froid, humidité, soleil, neige, gel, pluies, ces variations de température que notre corps doit supporter. Ce matin encore, je suis parti sous une pluie battante pour (re)découvrir la neige dans les Flandres, le jour du printemps. A croire que le climat s’y met aussi pour nous foutre en l’air le moral.

    Je ne suis pas un mec féru des grosses chaleurs mais là, je ressens le besoin de réchauffer ma carcasse avec des beaux et doux rayons de soleil.

    Ben voilà voilà, j’ai fini par aligner quelques mots et çà me fait du bien. L’écriture a ce côté salvateur qui défoule et qui permet de déverser ses pensées, ses angoisses, son spleen.

    Bah, ne vous inquiétez pas, l’inspiration va revenir, l’envie d’écrire aussi, parfois il suffit de pas grand-chose…

    J’espère ne pas vous avoir foutu le moral en l’air, ce n’était pas le but. Finissons sur une bonne note, je vous embrasse toutes et tous et vous souhaite une bonne soirée et de belles journées à venir, et comme dirait une amie qui m’est chère : keep on rockin’ !!!

     

  • Petite mise au point...

    Bonjour à tous,

    Juste une petite mise au point par rapport à mon dernier article. Je suis désolé d'avoir choqué les fondus d'informatique. En effet, si pour moi rien ne vaut un vrai livre, l'important est de lire. Cela dit, mon propos visait plus l'incorrection, le sans-gêne, l'incivisme et le manque de respect des autres qui sont des phénomènes, dans notre société d'aujourd'hui,hélas, de plus en plus fréquents.

    Cela je le dis haut et fort et quel meilleur endroit qu'ici pour le dire et l'écrire.

    Bien à vous chers lecteurs,

    Je persiste et je signe,

    Christophe

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  • 3éme classe

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    Le TGV que j’ai emprunté lors de mon retour de formation à Lyon était fortement rempli de passagers. Il venait de Perpignan et avait pour terminus Bruxelles. Il était 17h, heure de pointe et je vous laisse imaginer que je n’étais pas aussi tranquille que le matin même dans la rame que j’occupais au train de 6h02 à Lille.

    Peu après le départ du train, alors que les gens passaient et repassaient, dans l’impossibilité de me concentrer sur ma lecture, je posais mon livre sur les genoux, et je fermais les yeux.

    Je me mis alors à imaginer quelle serait la réaction de ma grand-tante, née en 1898 et décédée en 1984 si elle revenait aujourd’hui. C’était une ancienne institutrice, vieille fille, rigide, aux principes stricts et à la morale irréprochable (chose dont je ne suis plus certain depuis que j’ai atteint l’âge adulte).

    Mais je reviendrai une autre fois sur son cas car ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est sa réaction si elle revenait parmi les vivants dans une rame de TGV Lyon/Lille en pleine heure de pointe en 2013, elle qui a connu les voyages en 3éme classe (et oui, çà a existé les wagons avec sièges en bois pour ceux qui avaient peu de moyen mais cette classe fut supprimée en 1956).

    Autour de moi, dans la voiture n°8, poussaient les ordinateurs portables comme des champignons dont heureusement, la plupart des propriétaires avaient coupé le son. Par contre, ce qui me choquait, me choque et me choquera toujours, ce sont les allées et venues de ces gens dans le sas, pour téléphoner. On a l’impression que certains ne peuvent vivre sans leur p….. de portable. D’autres avaient moins de délicatesse et ne se gênaient pas pour échanger à voix haute avec leur correspondant, bien assis à leur place. Merci pour ceux qui tentent de lire ou de se reposer.

    Et puis, tant pis si ce que je vais dire me fait passer pour un vieux ringard mais à Paris, est monté un jeune de 25 ans qui une fois assis, a sorti son portable « écran géant » pour lire ce qui semblait être un livre. Je vous avoue que l’amoureux des bouquins que je suis était choqué. Moi qui aime tant l’odeur du papier et de l’encre, le contact des doigts sur les pages, le plaisir de tenir un livre entre mes mains, je ne comprenais pas. Quel plaisir peut on avoir à tenir un appareil à bout de bras pour lire 20 lignes que l’on est obligé de faire défiler par un clic ?

    Je me pose sincèrement la question et je me dis que si feu, ma grand-tante était brusquement revenue, elle en aurait fait une crise cardiaque, c’est sûr (et hop, retour à la case départ).

    J’aime le progrès, je reconnais qu’il y a des choses dans le développement de la communication qui sont positives. La grande question que je me pose, c’est si tout cela ne va pas un peu, voire beaucoup trop vite. Lorsque j’imagine la vie quand j’avais 10 ans et celle d’aujourd’hui, le fossé est gigantesque et pourtant, il n’y a que 39 ans de séparation, ce qui à l’échelle du temps, est infime.

     

    Ringard, désuet, vieux con, réaliste, cynique, philosophe, je vous laisse le soin d’en juger par vous-même, il n’empêche que…

     

  • La pâte à gateau

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    Lorsque j’étais gamin, mes grands-mères mais aussi ma mère confectionnaient des gâteaux ou des tartes. En général, nous assistions avec mon frère à la préparation de la pâte car une fois cette dernière versée dans le moule, nous nous précipitions avec nos petites cuillères pour nettoyer le saladier des restants de cette pâte.

    Dans le nord, il était une tradition qui était de faire pour la nouvelle année, des gaufrettes. Il s’agit de biscuits confectionnés avec une pâte à gâteau très sucrée, assez dense, qui reposait un moment dans le garde manger. Ensuite, il suffisait d’utiliser un gaufrier avec des plaques spéciales et de déposer une cuillère de cette pâte pour cuire ces délicieuses gaufrettes.

    Parfois, je descendais à la cave, ouvrait le garde manger pour « piquer » un peu de cette pâte avec une petite cuillère…quel délice…
    L’astuce étant de lisser le dessus de ce délicieux nectar pour ne pas se faire prendre.

     

    Quelques années plus tard, j’ai trouvé plus judicieux de confectionner moi-même de la pâte à gâteau. Un mercredi après-midi, profitant de l’absence de mes parents et de mes frères et sœurs, j’ai trouvé une recette, préparé les ingrédients et mis, si je puis dire, la main à la pâte, je nettoyais les ustensiles et ni vu, ni connu, je là dégustais tranquillement, gros gourmand que j’étais.

    Le truc, c’est qu’un jour, ma mère est rentrée plus tôt que prévu et que plutôt que de planquer le saladier et d’attendre plus tard pour le nettoyer, je me suis précipité au fond du jardin pour me planquer. Ne sachant quoi faire de l’objet du délit, j’ai emprunté un marteau à mon père et j’ai cassé le saladier en pyrex dans le coin du mur qui entourait le jardin. Il a explosé en mille morceaux qui se sont répandus dans l’herbe haute.
    Ma pauvre mère a longtemps cherché son saladier avant qu’un jour mon père, après avoir fauché l’herbe au fond du jardin, ne découvre des morceaux de verre. J’ai du avouer mon forfait, honteux de ce que j’avais fait mais je crois me souvenir que je ne fus pas puni. Par contre, tout le monde à la maison, pendant longtemps, s’amusait à raconter cette histoire en riant. Ce fut cela ma punition…

     

  • Les moutons

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    J’ai de nombreux souvenirs de mes années d’enfance et l’éphéméride de ce matin en a ravivé un qui date d’il y a bien longtemps.

    Aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours eu, à la maison, de nombreux animaux d’élevage : poules, lapins, pigeons mais aussi canards, dindes et dindons, pintades et même des oies. Mes parents ont eu (et ont toujours) cinq enfants et à la campagne, ces élevages étaient bien utiles pour nourrir les troupes.
    Le calendrier de ce matin m’a rappelé que nous avons eu aussi, deux années de suite je crois, un mouton dans la pâture qui jouxtait le poulailler (celle là même où je tirais dans le cul des poules pour ceux qui ont lu cette anecdote).

    Je me souviens que ma mère leur donnait un prénom et qu’il correspondait à leur jour d’arrivée. C’est ainsi que l’un d’entre eux fut baptisé Urbain.

    Il gambadait dans son domaine et grandissait en dévorant l’herbe bien verte et bien grasse de son grand enclos.

    Ce fut triste pour mon frère et moi que d’assister à son trépas, même si à l’époque, cela nous apparaissait comme le cours naturel des choses de la vie. Mon père n’a jamais aimé tuer les animaux mais nécessité faisait loi.

    La petite anecdote, c’est qu’une de mes chansons préférées de mon amie Valentine, s’appelle « Les moutons »et qu’elle a été écrite par Jean-Christophe Urbain que j’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs fois.
    Hasard ou pas, les moutons et le prénom Urbain sont, dans mon existence, associés pour le pire, comme pour le meilleur…

  • Mes années 45 tours

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    Je devais avoir dans les 9/10 ans lorsque ma mère m’a montré un jour ses disques 45 tours. J’étais très impressionné car je n’imaginais pas ma mère écoutant de la musique et possédant des disques, cela me paraissait étrange et surprenant à la fois, ça m’a néanmoins rendu fier d’elle.

    Il y avait des disques d’Aznavour, Enrico Macias, Edith Piaf, mais celui qui m’a le plus surpris celui de Paul Anka. Jamais je n’aurai imaginé ma mère écouter des disques en anglais.

    A l’époque mes parents possédaient un tourne-disque « valise » avec une sorte de tour que l’on pouvait clipser au milieu du plateau et sur lequel on empilait les 45 tours. Cela permettait d’en écouter une dizaine à la suite car une fois le disque terminé, le bras se retirait et le disque suivant tombait sur le précédent et ainsi de suite jusqu’à la fin. A l’époque (je vous parle du début des années 70), c’était pour moi une technique géniale).

    Qu’est ce j’ai pu en écouter des disques sur cet électrophone. Par la suite, lorsque j’ai eu mes propres 45 tours, j’installais dans ma chambre, le tourne disque, des documents divers, papiers, stylos, un faux micro, et je créais des émissions de radio imaginaires en faisant défiler les disques comme en « vrai ». Parfois aussi je mimais les artistes en faisant du play-back et en m’imaginant chanter à la télévision dans une émission de « variétés » comme elles existaient à l’époque.

    C’est surtout le disque de Paul Anka, « Lonely boy » et « Sing, sing, sing » que j’ai quasiment usé car c’était le premier disque anglophone que je pouvais écouter (voir la photo en illustration). Je crois me souvenir que lors d’une soirée animée en classe de 6éme, j’ai chanté en play-back sur ce titre, c’était en 1975.

    Aujourd’hui on ne se rend pas compte la chance que l’on a grâce aux CD et à Internet, la chance que l’on a de pouvoir trouver des centaines de chansons. L’informatique, permet aussi d’en stocker des quantités industrielles. Il ne faut pas oublier qu’il y a 40 années à peine, les chaînes stéréo faisaient leurs premières apparitions et que tout le monde n’avait pas les moyens de s’en procurer.

    Sacré bon souvenir que cette époque où je commençais à découvrir la musique. La flamme m’animait déjà mais je n’imaginais pas qu’elle allait embraser mon esprit et mon âme de cette façon.

     

  • OPETH "Héritage"

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    Il m'arrive parfois de passer à la médiathèque d'Armentières et de prendre dans le bac des nouveautés un CD au hasard. Soit la pochette me plait, soit c'est le nom du groupe ou le titre de l'album qui m'inspirent.

    Souvent, je suis assez déçu et rares sont les albums qui ont trouvé grâce à mes yeux. Peut être que je mets la barre un peu haute, je n'en sais rien, toujours est il que je suis assez exigeant et qu'il faut vraiment qu'un artiste ait quelque chose de vraiment original pour me plaire.

    Hier soir, j'ai donc pris, au hasard "Héritage" un album d'un groupe suédois qui s'appelle OPETH et qui d'après mes recherches est classé dans plusieurs genre, dont le jazz fusion, le death métal, le doom métal, le black métal, l'avant garde métal (j'ignorai qu'il y avait autant de types de style métal) le rock psyché et le rock progressif.

    Ce qui m'a plu dans l'album "Héritage", c'est la forte consonance "progressive rock", on y retrouve les influences évidentes de groupes comme King Crimson, Yes ou même Jethro Tull.

    Il y avait longtemps que je n'avais pas été emballé comme çà lors d'une première écoute, peut être que les autres albums du groupe me plairont moins car je ne suis pas fan de métal mais en tout cas, cet "Héritage" m'a bien emballé et les fans de bon rock progressif seront ravis de l'écouter.

    A noter sur vos tablettes les amis !

  • What a shame !!!

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    Je viens de rentrer à la maison pour travailler à mon bureau. Dans la configuration de notre nouvelle maison, la télé se trouve juste à gauche de mon bureau ce qui parfois est un peu dérangeant en particulier ce soir car ma fille regardait « Les ch’tis à Ibiza » à mon grand désespoir.

    Quelle honte, quel tissu d’âneries, quel monceau de conneries, de grossièretés et surtout quelle honte pour notre région. Il y en a vraiment marre que l’on montre toujours les pires abrutis qui soient dans des situations ridicules, qui ne savent pas aligner trois mots de français de suite, qui hurlent, qui profèrent des insanités à chaque phrase.
    L’image de notre région n’est déjà pas reluisante, le taux de pauvreté est important, l’illettrisme est à un niveau hélas élevé et parfois, j’avoue avoir honte de mes congénères.

    Cela dit, le nord, ce n’est pas que cela, il existe des gens intelligents, cultivés, qui ne parlent pas toujours en écrasant les mots.

    Il en existe aussi qui parlent le vrai patois, pas cet espèce de langage pseudo « chti-biloute » qui ne ressemble en rien au patois issu du vieux français et qui se parle différemment en fonction des endroits et parfois même d’un village à un autre.

    Comment peut-on étaler ce genre de niaiserie et se repaître de la connerie humaine à son état pur et surtout comment peut on accepter de se laisser humilier de la sorte tout en donnant une image bien triste de notre belle région.

    J’ose espérer que les gens intelligents sauront faire la différence entre une poignée d’illettrés exposés à la foule et des gens normaux qui s’expriment normalement, qui ne passent pas leur temps à s’abreuver d’émissions débiles et pour qui le mot culture veut toujours dire quelque chose.

  • Cot cot codac !

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    Je sais que les gens qui me lisent aiment mes petites anecdotes. Je me suis souvenu récemment d’une chose que j’ai faite quand j’étais encore un gamin. Je devais être âgé de 14 ou 15 au moment des faits.

    Je vous plante le décor :

    Lorsque je vivais encore chez mes parents, nous habitions un petit village et notre maison était entourée d’un grand jardin composé d’une belle pelouse, du potager et de toute une partie que mon père avait grillagée pour y élever des animaux et en particulier, des poules.

    Au beau milieu de cette « pâture », il y avait un cerisier qui donnait chaque été des cerises d’un rouge vif au goût délicieux. Il y avait donc toujours une échelle posée sur le tronc pour pouvoir aller faire la cueillette de ces beaux fruits rouges.

    Mon père aimait tirer à la carabine 22 long rifle et au pistolet à plombs et s’entraînait régulièrement sur une cible qu’il avait lui-même fabriquée.

    Un jour que j’étais seul, par un bel après-midi d’été, j’ai subtilisé le pistolet à air comprimé et quelques plombs que j’ai glissés dans ma poche. Je suis monté à l’échelle pour grimper dans le cerisier et je me suis installé au cœur de l’arbre.

    Mon plaisir cet après-midi là fut de m’amuser à tirer des plombs dans l’arrière train des gallinacés.

    Pauvres poules, chaque fois qu’elles prenaient un plomb dans le cul, elles faisaient un de ces bonds et partaient en courant et caquetant, et ce, pour mon plus grand plaisir, persuadé comme tout criminel que mon crime allait rester impuni.

    En fait, j’ai failli me faire prendre quelques semaines plus tard. En effet, de temps en temps, mon père tuait quelques poules et ma mère les plumait et les vidait pour les mettre au congélateur, c’est comme çà à la campagne. Une fois plumées, ma mère fut intriguée par des bleus qu’elle découvrit sur l’arrière train des poules et appela mon père pour lui montrer.

    J’étais là et je me gardais bien d’ouvrir la bouche, prenant un air intrigué et innocent, feignant la surprise comme mes parents.

    C’est à ce moment là que j’ai compris que les pauvres bêtes devaient quand même avoir mal au vu des bleus qu’elles avaient aux fesses.

    Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai avoué mon crime à mes parents et qu’ils comprirent l’un et l’autre le fin mot de l’histoire. L’affaire étant ancienne, je n’eus à subir aucun reproche.

    Il n’empêche, lorsqu’on est gosse, qu’est ce que l’on peut faire comme conneries et celle là, elle était gratinée.