Le mien était jaune, c'était un vélo de course à 4 vitesses je crois et mon père nous avait emmenés mon frère et moi pour aller chercher chacun le nôtre. Je me souviens que c'était un évènement, fini le mini-vélo, nous étions "grands" en âge d'avoir un vélo de course.
J'en ai fais des bornes sur mon biclou, on allait à la piscine (18 kms aller/retour) on allait à la ville voisine, on allait voir ma grand-mère dans le village voisin, j'allais même chez le coiffeur ou chez le dentiste dans les bourgs qui entouraient mon petit village.
N'allez pas croire que je m'éclatais, je n'avais pas les jambes pour et lorsqu'une côte un peu trop abrupte se présentait, je souffrais d'avance d'avoir à ramer avant d'arriver au sommet. En clair je n'aimais que les descentes !!!
"Rustine", c'est le nom que je lui avais donné, tellement j'ai eu de crevaisons, je devais avoir la scoumoune et les clous sur la route me choisissaient toujours.
On allait aussi avec les copains dans des boums ou des après-midi chez les copines, j'avais alors 15, 16 ans et mes copains un peu plus.
Et puis, on a grandi, mes copains ont eu des mobylettes, puis des motos et là, avec mon vélo je ne pouvais plus suivre. Mes parents n'avaient pas les moyens. Quand j'ai récupéré un vieux solex et que mon frangin me prêtait sa vieille mob qu'il avait acheté d'occasion, mes copains, eux, avaient passé leur permis et roulaient en voiture. le solex a laché et j'ai continué à me déplacer sur mon vélo...
A l'époque, c'était parfois frustrant et pénible à vivre mais aujourd'hui, avec le temps, je me dis que c'était comme ça, que ma vie a été ainsi écrite et je ne regrette rien. Au contraire, toutes ces petites choses me permettent d'alimenter ma rubrique de souvenirs et d'anecdotes.
Je ne sais pas ce qu'est devenu mon vélo, mes parents ont déménagé et sans doute l'ont il donné. Il reste des souvenirs et quand parfois au gré de mes tournées en clientèle je repasse dans le coin, j'y repense avec le sourire.
C'est curieux comme certains souvenirs rejaillissent brusquement sans presque que l'on s'y attende. Ce fut le cas ce midi à table quand au détour d'une conversation lors du repas familial, je me suis souvenu d'une chose que peu d'entre vous ont connu, surtout les citadins et que mes enfants ne connaissent forcément pas non plus.
Vendredi midi alors que je déjeunais avec mon collègue et ami Pierre nous sommes venu pour je ne sais plus quelle raison à évoquer les jardins de notre enfance qui curieusement se ressemblaient, celà m' adonné l'dée d'en parler.
Nous sommes en 1974, j'ai 9 ans et je suis en CM2.
Il y a quelques temps je discutais avec une de mes bonnes copines des origines de son nom de famille. Lorsqu'elle m'a demandé le mien et son origine, j'ai souri en repensant à cette histoire que j'ai apprise de la bouche de mon père il y a plusieurs années et qui est toujours restée un tabou dans sa famille. Jamais cette histoire n'a été évoquée pendant les réunions ou les repas, en tout cas pas en ma présence.
Le vaccin du BCG...celà remonte maintenant à un paquet d'année, à l'époque où celà se pratiquait encore dans les écoles.