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J'aime...Je déteste - Page 13

  • Ite missa est...

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    Je suis issu d’un milieu très catholique, mon éducation ainsi que celle de mon frère et mes jeunes sœurs en a été fortement teintée. Je ne vous parle pas d’intégrisme religieux, non, mais quand même, comme beaucoup de jeunes du village, nous devions assister à la messe chaque dimanche, aller régulièrement se confesser, faire notre catéchisme, nos communions etc.…, j’ai même été enfant de chœur pendant plusieurs années.

    Je n’y ai pas que des mauvais souvenirs, non, pas du tout mais à l’âge de maturité que j’ai (normalement) atteint, il est des choses qui reviennent à l’esprit, qui font réfléchir et qui viennent faire vaciller les acquis déjà remis en question depuis fort longtemps.

    Dès que j’ai pris mon autonomie, j’ai cessé de fréquenter les milieux catholiques et lorsque j’ai dû le faire, c’est par obligation et non sans une certaine gêne, un certain mal être.

    Je sais que mes propos vont choquer en particulier des gens de ma famille et mes propres parents mais je ne peux plus supporter l’hypocrisie latente presque omniprésente dans la religion chrétienne tant elle fait en sorte de faire de ses adeptes des moutons de Panurge, bons petits ouvriers ou soldats se tuant à la tâche pour engraisser les plus riches. Ces derniers fréquentant bien entendu les bancs de l’église et entretenant tout cela comme il se doit, à coup de dons, de bonnes paroles et d’hypocrite générosité envers les plus démunis.

     

    Pourquoi je vous parle de cela aujourd’hui, tout simplement parce que ce matin m’est revenue une phrase que j’ai souvent entendue dans ma prime jeunesse : « Il n’y a pas de plus bel amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

    Oui, c’est vrai, je crois que je n’hésiterai pas à mettre ma peau en danger pour sauver les miens c’est une évidence et cette phrase au premier abord est magnifique. Cependant, lorsque l’on va au plus profond des choses et qu’on y réfléchit bien, elle a une signification bien plus perverse : quoi de mieux que cette belle phrase pour motiver les hommes à aller mourir au champ d’horreur car après tout, l’église a souvent eu les mains trempée dans le sang.

    C’est tellement plus facile de mener les gens vers l’abattoir en leur faisant brandir des icônes religieuses et spirituelles.

     

    Une autre grande maxime chrétienne du même acabit m’est alors revenue à l’esprit : « Quand on te frappe la joue droite, tend la joue gauche », autrement dit reste fier devant la violence et ne la provoque pas à ton tour Que c’est noble tout cela sauf quand on va analyser les choses plus précisément on voit les choses totalement différemment: soit un bon petit soldat, quand ton chef ou ton supérieur t’engueule, tais toi et baisse la tête ; mieux, dis lui qu’il a raison. Sois un bon petit mouton bien dressé qui ne remet pas en question les ordres de la hiérarchie qu’elle soit militaire, professionnelle ou sociale.

     

    A n’en pas douter, il y a vraiment des gens qui s’investissent pour aider les plus faibles et les plus démunis mais ce sont souvent des gens eux même de modeste condition. Point n’est besoin d’aller cirer les bancs de l’église avec des super toilettes et des costards de prix chaque dimanche pour se donner bonne conscience.

     

  • Jean-Christophe URBAIN, profession: musicien,auteur, compositeur et interprète

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    La première fois que j’ai parlé à Jean-Christophe Urbain, « en vrai », c’était en octobre dernier à Bruay La Buissière, au concert de Valentine (Jil Caplan). Il est venu vers moi, m’a fait la bise en me disant « On s’est déjà vus ? »
    La vérité c’est que j’avais eu l’occasion d’échanger avec lui par mail, que je l’avais juste aperçu à Paris au Théâtre du Petit St Martin et que comme je suis atteint de Valentinophilie aigue, mon nom avait du arriver à ses oreilles

    Je l’ai revu il y a quelques semaines, à Lys Lez Lannoy et cette fois, nous avons eu l’occasion d’échanger un peu plus encore.

    Pour la postérité il est et restera avec JP Nataf une des deux figures marquantes de la pop française des années 80 avec les INNOCENTS. Il est aussi l’auteur, compositeur et interprète de leur célèbre tube « Colore ».

    Dans la vie de tous les jours c’est un garçon discret, calme et d’une grande gentillesse. C’est aussi un vrai passionné pour la musique dont il a fait sa profession. C’est aussi une personne qui n’hésite pas à s’investir pour les autres ce qui est important de souligner.

    Ce n’est pas non plus un secret, sa complicité avec Valentine dans la vie privée a permis de nous faire découvrir ce duo qu’ils rodent ensemble depuis quelques mois sur scène. Ensemble, ils travaillent à un nouvel opus de la jolie et talentueuse chanteuse parisienne. Est-ce que sera un album de Jil Caplan ou un Caplan / Urbain, nul ne le sait. Toujours est il que cet album est en route et qu’il y travaillent tous les deux d’arrache pied dans leur studio appelé le MAP.

     

    Il y a plus d’un an, j’avais posé deux questions à Jean-Christophe, questions auxquelles il avait longuement répondu. Lui, plutôt discret d’habitude, s’était lâché.

    Ces deux questions, je les pose à chacune de mes interviews car elles sont pour moi essentielles pour les chanteurs, musiciens, auteurs compositeurs.

    Voilà ce que cela a donné :

     

    CD : Bonjour Jean-Christophe, quelles sont tes influences musicales ?

     

    JC : Je ne sais pas toujours répondre à cette question car parfois c'est un peu le chantier dans ma tête. J'ai commencé à écouter de la musique vers l'âge de 8-9 ans. Un soir la télé diffusait un concert de Gilbert Bécaud et je suis resté devant le poste jusqu'à la fin. Je ne pense pas, aujourd'hui, que sa musique m'ait vraiment secouée. Mais de voir un musicien faire tout un récital m'a fasciné.

    Un peu plus tard j'ai construit une batterie et j'ai joué sur tous les disques de la maison. Ray Charles, Stan getz, Count Basie et...Joe Dassin...Mon père est revenu un jour avec un orgue d'appartement. Là j'ai commencé mon apprentissage.

    Petit à petit je réussissais à reproduire des accords et je pouvais accompagner mon père qui jouait la guitare. Il ne connaissait pas l'harmonie mais dès qu'il voyait un instrument il pouvait jouer une mélodie dessus. Ce détail "familial" a été ma plus grande influence. Je suis devenu l'orchestrateur de musique. Il me demandait si je connaissais "on the sunny side of the streets" et moi je lui répondait "joue la moi, je vais essayer de te suivre". Comme ça, j'ai fini par visiter une partie du récital jazzy de cette époque et le fait de jouer un coup le piano un coup la guitare m'a fortement instruit sur la logique harmonique des chansons.
    Jusqu'à 12-13 ans j'ai joué avec lui des milliers de chansons et des centaines d'heures. Mon père est décédé depuis et il me manque chaque fois que je joue ou que j'écoute des musiques qu'il aurait aimées. Je lui dois tellement...
    Sont arrivés après les Beatles dans ma vie. On était en 75 et ce n'était plus vraiment au goût du jour. J'ai plongé dans leur musique comme si c'était la mienne. J’ai appris à la jouer et je pouvais quasiment reproduire toutes les parties de leurs chansons la guitare les pianos mais aussi la batterie et la basse qui commençait à me séduire. Le Noël suivant, j'avais une basse copie FENDER et je commençais les groupes.
    Le groupe c'était facile pour moi. D'abord je suis quelqu'un de timide et ma personnalité n'était pas assez forte pour m'imposer tout seul. J'ai d'abord joué avec des copains de lycée dans le square en face les soirs d'été et puis dans un ou deux restos pour animer des soirées. Les gens avec qui je jouais ne vivaient pas vraiment la musique avec autant d'importance. Moi à cette époque j'avais déjà annoncé à mes parents que je serais musicien. Triste nouvelle pour eux qui avaient déjà dans la famille des musiciens un peu fauchés un peu perdus. Mais ils m'ont laissé aller. Merci.
    J'ai rencontré à cette époque Gérard Sorel à qui j'ai appris la basse. Nous avons passé tous nos week-end à écouter la musique. Nous nous mettions devant un poste de radio, et dès qu'une chanson passait, on fermait les yeux puis on coupait la radio et on tentait de la rejouer...C'était très amusant. La vague punk m'avait donné de nouvelles influences. Les moins punks : Costello, Jackson et Police après.
    Je commençais à faire de vraies chansons. J’en faisais pour un chanteur qui hélas n'a pas percé. C'est à cette époque que j'ai composé la musique de 100 mètres au paradis...
    Les études bâclées, je trouvais une place de vendeur chez Paul Beuscher et j'en profitais pour travailler la musique dans tous les sens. Je découvrais le son. Les instruments. Je pouvais remettre un instrument sur tout ce que la pop m'avait donné: la strat de Gilmour le Klavinet de Stevie....
    Je ne vivais que pour ça. Mes flirts étaient sans sel. Et je crois que je devais paraître un peu simplet comme garçon.
    Mais c'est comme ça que j'ai appris la musique. Ensuite, un an d'armée, et des petits boulots...Et un groupe à Amiens avec de belles heures d'enregistrement. Et Prefab Sprout et Everything but the girl que j'écoute en boucle...Et la rencontre avec les Innos par l'intermédiaire de leur batteur de l'époque Pierre Morin. On se croise chez Beuscher..."les Innocents ?" " On cherche un clavier pour venir jouer un titre (Jodie !) à notre concert au Palace."

    J’ai été bavard...voilà une première réponse un peu longue peut-être ?

     

    (NDLR : oh que non mon cher Jean-Cri, ces informations sont d’une richesse que beaucoup de fans seront ravis de connaître).

     

     

    Ch : Peux tu nous parler de tes influences littéraires ?

     

    JC : Je ne serai pas aussi bavard sur ce sujet. D’abord parce que je trouve que le mot littéraire n'est pas tout a fait adéquat pour expliquer ce qu'est le travail d'auteur dans la chanson.
    Une chanson peut naître de mille manières différentes. Un mot, un riff, une phrase, une mélodie...il n'y a pas de règles.
    Je ne suis pas un grand lecteur mais j'ai lu quand même et je lis des choses qui me plaisent qui me transportent. Dans la musique je n'ai jamais pensé placer des phrases empruntées à la littérature excepté "la vie sera western ou ne sera pas..." mais là c'est autre chose. Il y a des mots comme ça qui finissent par rentrer dans l'inconscient collectif et c'est avec eux que je crée un texte. Ma façon d'envisager le texte se situe entre l'intuitif et le slogan publicitaire. le cadre de la chanson est parfois si étroit que je ne trouve qu'un mot ou deux. alors vient un long processus d'écriture et surtout de torture qui s'achève plus ou moins bien... ce qui peut m'arriver de mieux c'est de trouver les mots en même temps que la musique. Cela arrive de temps en temps et ça justifie ma vie de rêveur...

     

    ... Voilà à peu près ce que je peux dire sur les textes. Ecrire est quelque chose de tellement personnel qu'il m'est difficile d'en parler d'avantage. Et la plupart du temps, lorsqu'on fait une chanson le but est de rendre la musique et le texte indissociables. J'écoute la musique dans cet esprit... Je retiens 2,3 mots mais j'entends surtout la mélodie et c'est elle qui vient me chercher. Avec Jipé, nous avons toujours envisagé l'écriture dans ce sens. C'est vrai qu'on souhaitait être reconnus comme auteurs mais on ne voulait pas que les mots sortent du contexte musical. Parfois (souvent?) le sens disparaissait au profil de la sonorité. On a passé un temps infini à écrire des textes juste pour que ceux-ci trouvent leur juste place dans notre musique sans en prendre le dessus. C'est ce qui fait pour nous le charme de la Pop qu'on a écoutée et qu'on aime jouer.

     

    (NDLR : moins bavard ?)

     

    Voila chers amis les deux questions auxquelles m’a largement répondu l’ami Jean-Christophe que je tiens à chaleureusement remercier pour sa disponibilité et sa simplicité. Je tiens à lui dire que je suis extrêmement fier de le connaître et que j’ai pour lui une grande admiration. Mille mercis également à Valentine grâce à qui j’ai pu rencontrer des artistes de talents et des gens passionnants

  • Jean-Christophe URBAIN l'interview, c'est pour demain !!!

    Capture0106.jpgCa fait un bail que je l'ai sous le coude cette interview, seulement voilà, j'attendais le moment propice pour la mettre en forme et la publier

    Qu'ai je attendu ?

    Tout simplement de rencontrer l'artiste pour de vrai après lui avoir posé ces questions. C'est donc pour demain et c'est en exclusivité sur "J'aime...je déteste".

    Ch.

  • Lady Pénélope et les cornets à la crème.

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    Pourquoi est ce que çà m’est revenu ce matin, quelques minutes avant que le réveil ne sonne ? Je n’en sais rien… Peut être parce que j’étais à mi chemin entre le monde des songes et celui de la réalité et que mon esprit vagabondait dans les limbes de mes souvenirs ? Je suis incapable de répondre.

    Toujours est il que ce matin, ce souvenir est apparu avec précision, presque comme si c’était hier. C’était en 1976 et j’avais 12 ans. Cet après-midi là, nous étions chez ma grand-mère maternelle qui vivait dans le village voisin distant du notre d’à peine deux kilomètres. Je ne me souviens plus si c’était pendant les vacances ou bien un dimanche, toujours est il que je nous revoie, mon frère et moi, dans la pièce de vie qui jouxtait la minuscule cuisine, assis à la grande table regardant distraitement la télé pendant que ma grand-mère terminait de confectionner des cornets à la crème.

    Dieu seul sait que ces cornets, jamais je n’en ai remangé des semblables, ma grand-mère, aujourd’hui disparue, devait avoir son secret. La pâte était une pâte brisée très fine et la crème qu’elle y insérait était d’une douceur sucrée que je n’ai jamais retrouvée. C’était une sorte de crème pâtissière d’une telle finesse, que j’en ai encore l’eau à la bouche.

    C’est à ce moment là qu’une chaîne de télévision française a diffusé pour la première fois une série que nous avons beaucoup aimé, « Les aventures de Lady Pénélope » une série Anglaise dont le titre original est « Thunderbirds ». Les personnages sont des marionnettes évoluant dans un contexte futuriste, ce qui, pour l’époque était très original. Mon frère et moi avons été emballés par cette série.

    Détendus, insouciants, prenant plaisir à regarder une série originale en dégustant à volonté des fantastiques cornets à la crème, c’est çà mon souvenir.

    Voilà…il est de ces instants dans une vie, simples et doux que l’on n’oublie jamais. Cela vous paraîtra peut être idiot ou bêtement terre à terre mais ce souvenir ne s’effacera qu’après ma disparition, c’est vous dire s’il m’a marqué…

     

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  • Valentine's day (Part three)

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    Je me suis levé, je suis derrière Valentine et JeanCri , au beau milieu de la scène quand soudain mes oreilles se dressent comme celles d’un animal…

    Je m’assoie sur le tabouret et j’écoute ces notes inconnues, ces paroles que je ne connais pas…çà me plait d’emblée, mais qu’est ce que c’est ?

    Valentine se retourne, le sourire aux lèvres et m’explique que c’est le premier morceau travaillé et enregistré au MAP, leur studio fait main il y a quelques mois, dans lequel ils travaillent ensemble leur nouvel album.

    Les voilà partis à répéter ce morceau, avec la guitare électrique, puis avec l’acoustique, je me régale tout en filmant ces instants exceptionnels que je vais jalousement et précieusement garder dans mes archives. Je suis un petit chanceux, j’ai le plaisir de faire partie des premiers à entendre cette nouveauté. Merci mes amis !!!

     

    Il est l’heure de se quitter, pour eux de se détendre un peu, d’aller se balader et pour moi d’aller chercher mon épouse pour le concert de 20h30.

     

    Le concert va se dérouler merveilleusement, l’ambiance y est et JeanCri nous gratifie de sa célèbre chanson enregistrée avec les Innos « Colore ». Ca passe vite, trop vite, les titres s’enchaînent, je me régale, comme d’habitude, ces deux là ont maintenant un spectacle bien rodé et leur étroite complicité dans la vie se ressent bien évidemment sur scène.

     

    C’est la fin, une foule compacte attend la star, pour signer des autographes, parler avec celle qu’ils sont venus admirer, je les comprends.

    Nous, on va devoir y aller. La fatigue accumulée ces dernières semaines se fait lourdement sentir. Je traîne encore un peu dans la salle désertée quand Béa mon épouse me signale que JeanCri est derrière le rideau. Je monte sur scène et je me glisse entre les lourdes tentures rouges. Pendant qu’il remballe le matériel, on échange encore ensemble, puis on s’embrasse en se disant à bientôt.

    Je rejoins Valentine, très entourée, je lui touche le bras et lui dit que je m’en vais, on s’embrasse et je la laisse, la mort dans l’âme avec ses autres fans.

    Mais je n’ai pas à me plaindre, j’ai passé plus de deux heures avec eux, j’ai vécu un très bon concert, j’ai rencontré (enfin) la douce et gentille Isa, une fan et amie de Lille, j’ai rencontré aussi d’autre fans venus de loin, j’ai pu aussi enfin parler un peu avec Jipé le photographe. Ce fut encore une journée mémorable et je mesure la chance qui est la mienne.

    Et puis, le 19 mai, à Liévin va vite arriver…vivement !!!

     

  • "GRRRRRRRRRRR" ou la colère d'un nordiste (mise au point nécessaire)

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    Je suis ce que certains appellent un « pébour », « un bouseux », « un paysan », bref, je suis originaire de la France profonde, d’un  petit village de plus ou moins 500 habitants planté au beau milieu des plaines du Cambrésis. Je suis aussi ce que l’on appelle communément « un ch’ti », expression inventée par les gens des autres régions que le Nord.

    Cependant, il y a longtemps que çà me travaille, il y a une petite mise au point que je voudrai faire, en quelque sorte un cri du cœur.

    Ce qui m’agace depuis longtemps c’est la médiatisation du « parler ch’ti ». Ce « parler » n’existe pas, le véritable langage local, c’est le patois, le vrai, celui issu du vieux français, celui qui plonge ses racines dans notre histoire et qui contrairement à l’image que l’on veut en donner n’est ni vulgaire ni bêtement comique.

    Prenons l’exemple de ce qui malheureusement s’est répandu ces dernières années comme une traînée de poudre : « Tiot biloute »… tiot ou tcho veut dire « petit » et biloute ou biroute désigne la verge masculine. On est donc dans l’erreur totale puisque biloute est un nom féminin et que l’on devrait dire « tiote ou tchote biloute ». D’autre part, j’ai rarement entendu les gens se surnommer de cette façon et ceux qui parlent le vrai patois diront plutôt « M’fille » « Min garchon » ou « Min gars ».

    Il faut savoir également que d’un village à un autre qui ne sont distants que d’une poignée de kilomètres, certaines expressions sont radicalement différentes. Ainsi, dans mon village, pour désigner un seau d’eau on disait « un sio d’eau » alors qu’au village à moins de 10 kms on dit « un salé d’é »…

    Il est également important de dire que le vrai patois n’est pas fait de mots inventés à la va vite pour faire rire et que les phrases utilisées ne sont ni remplies de mots vulgaires, ni de « quoi » ou de « hein » à chaque détour. Un exemple : un ramon désigne un balai et prend son origine dans le verbe ramoner.Un autre ? « Frin’me l’huis » veut dire fermer la porte, l’huis étant un mot tout ce qu’il y a de plus français (huisserie, huissier…).

     

    En ce qui me concerne, j’ai vécu tout jeune dans un village peuplé en grande partie par des gens qui avaient rarement quitté leur maison et pour qui une escapade à Cambrai constituait un « voyache », j’ai donc naturellement appris à parler le patois. Il n’empêche que par l’éducation que m’ont donnée mes parents (pourtant issus eux aussi de la campagne) et par l’envie que j’ai eu ensuite de connaître et d’apprendre, je me targue aujourd’hui, en toute modestie, de savoir m’exprimer dans un français correct. Je suis fier de mes origines, de l’héritage que j’ai reçu des anciens au travers du patois mais je ne le vulgarise pas.

    Alors s’il vous plait, vous les personnes des autres régions, n’uniformisez pas les gens du Nord, ne croyez pas que nous sommes tous des gens simplets, au sourire béa et super bons copains avec tout le monde. Nous avons, hélas, notre quota d’illettrés et de gens qui parlent très mal, il y a comme partout ailleurs des imbéciles, des cons et des gens méchants, mais fort heureusement, il y a des gens qui savent parler, qui savent écrire et nous sommes fiers d’avoir des écrivains célèbres issus de notre région comme Marguerite Yourcenar, Alain Decaux, Michel Butor ou Georges Bernanos.

     

    Pour terminer mon propos et pour confirmer une partie de ce que je viens de dire, je voudrais vous faire part de  quelques résultats d’un sondage paru dans « La voix du Nord » de mardi  sur les Nordistes à cœur ouvert :

    -A la question sur les deux principales qualités des habitants de la région, les réponses sont « convivial » et « travailleur ». Quand on voit dans certains endroits de notre région comme les gens sont indifférents et froids face aux nouveaux arrivants, çà me fait marrer. Travailleurs…oui, peut être mais on a notre lot d’assistés et de feignants en contrepartie, donc…

    -Le must concerne les personnalités originaires de notre région et qui l’incarnent le mieux. C’est Dany Boon qui est largement en tête avec 68% devant Charles de Gaulle. Marguerite Yourcenar n’est que 6éme avec 15%. Cela confirme que le niveau culturel de notre région est en baisse, car même si je n’ai rien contre Dany Boon, il reste un comique, c’est tout et je trouve choquant qu’il soit plébiscité bien devant des personnalités plus importantes pour l’histoire ou la culture.

     

    Pour conclure, je ne dirai que ceci : il ne faut pas croire tout ce qui a été dit, même s’il est vrai que la région Nord a longtemps été réputée pour sa convivialité et sa chaleur, les choses ont hélas,bien changées.

  • "Christophe et le pot au lait"

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    Hier, un passage dans « Les particules élémentaires » de Michel Houellebecq m’a rappelé un souvenir de mon enfance.

    A cette époque je devais avoir 9 ans ou 10 ans et on ne craignait pas la vache folle ou la listériose, d’ailleurs on ignorait que cela pouvait arriver ou arriverait un jour. Toujours est t-il que chaque matin et une semaine sur deux (l’autre étant réservée à mon frère).

    Je partais avec mon récipient en aluminium vide pour aller à la ferme récupérer celui déposé la veille et plein du lait frais de la traite du matin.

    Je me souviens aussi que dans la laiterie où l’on récupérait notre pot parmi ceux des autres clients, il y avait les mottes de beurre fraîchement sorties des moules en bois et qui diffusaient une bien agréable odeur.

    C’était un rituel mais parfois aussi une corvée car en hiver il fallait quand même y aller.

    Dès notre retour, ma mère vidait le pot dans une grande casserole et faisait bouillir le lait pour le stériliser. C’est ce lait, stocké au frigo que nous buvions le lendemain matin dans nos bols au petit déjeuner avec du café dedans les jours de semaine et du cacao en poudre le dimanche.

    Moi, j’adorais la « peau » qui se formait dans la casserole à la surface et pas mon frère, çà nous évitait donc la bagarre pour la manger.

    Tout cela est bien loin, maintenant, tout le monde achète son lait dans des briques au supermarché, le lait est demi écrémé, stérilisé et traité, il n’a plus rien à voir avec celui que l’on buvait à l’époque.

  • "Backbeat"

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    Bien que sorti en 1994, bien avant le film « Nowhere boy », « Backbeat » en est néanmoins la suite puisqu’il raconte la période « allemande » des Beatles et leurs passages à Hambourg. C’est durant cette période où jouant parfois pendant plusieurs heures d’affilée qu’ils consolidèrent leur jeu et affinèrent leur technique. Leurs fans de Liverpool furent fortement surpris à leur retour sur les bords de la Mersey, tellement ils avaient progressé, la légende était en marche.

    Le film réalisé par Iain Softley retrace très bien cette période et raconte en parallèle, le destin de celui qui fut le premier bassiste du groupe(Stuart Sutcliffe) et l’avènement de ce qui deviendra un phénomène encore inégalé à ce jour.

    On retrouve également dans ce film l’ambiance de l’Allemagne d’après-guerre avec les rudes marins d’un côté et la jeunesse bourgeoise et intellectuelle de l’autre. Il rend également hommage à Astrid Kirchher et Klaus Voorman qui contribuèrent à leur façon à la légende des Beatles.

    Ce n’est pas la première fois que je vois ce film, mais je suis à chaque fois autant ému et retourné, à la fois par le tragique destin de Stu mais aussi par la formidable envie et énergie qui animait les futurs fab four.

    Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas, faites vous ces deux films dans la foulée : les fans vous serez forcément ravis, les autres, vous découvrirez une face moins connue de l’histoire des Beatles.

     

  • Valentine's day (part two)

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    Le moment tant attendu est arrivé, je rentre dans la salle de spectacle…

     

    J’avance le long de l’allée, entre les sièges et découvre cette salle de l’Eden tout en ayant les yeux fixés sur la scène. J’y aperçois JeanCri, assis en train de jouer sur sa guitare Epiphone mais je ne vois pas Valentine.

    La scène est assez haute et pour y accéder, je vois un escalier sur la droite. Le cœur battant, je m’approche doucement. JeanCri lève la tête et d’un sourire me reconnaît, il se lève et vient m’embrasser. C’est un plaisir de croiser cet homme d’une gentillesse extrême, modeste et bourré de talents. Je l’apprécie beaucoup et je suis heureux de le revoir.

    Mes yeux ont en même temps repéré celle que je suis venue revoir pour la troisième fois, mon amie, ma star. Elle est allongée sur la scène, les yeux clos et semble dormir.

    Je m’approche d’elle, doucement, sans oser la réveiller, ne sachant ni quoi faire, ni quoi dire. C’est au moment où je suis tout près, qu’elle ouvre les yeux, et qu’elle me reconnaît, malgré la fatigue qui brouille encore ses grands yeux. Ah ce sourire, il vaut tout l’or du monde tant on sait qu’il est sincère et chaleureux. On s’embrasse comme de vieux copains, on échange quelques mots, je lui donne ainsi qu’à JeanCri tous les messages qui m’ont été transmis, je la laisse allumer une cigarette et commencer la balance car c’est l’heure.

    Premiers réglages, assez difficiles, car le matériel n’est pas exceptionnel et le responsable son doit se démener pour trouver le meilleur son possible. Cela nous laisse le temps de discuter, de parler littérature, musique et petites choses de la vie qui nous concernent. Je vis ces instants avec intensité.

    La suite se passe de commentaires superflus, je suis à genoux, accroupi ou assis par terre, sur la scène, juste à côté du couple rock n’ roll (dixit Stefan Goldman) et j’écoute, je déguste, je savoure. Avec Anne (la charmante femme de Valentine’s day part one) qui est présente aussi, on échange quelques mots, nos impressions mais surtout on se régale.

    Imaginez vous ce que cela représente que d’être là pour un gars dont le rêve a toujours été de faire de la musique et de la scène, toucher du doigt ce que l’on aime par-dessus tout…

    Je prends moult photos, sachant que mon modeste appareil n’est pas parfait et qu’une bonne moitié sera floue.

    Je regarde JeanCri, ou plutôt sa main gauche, j’essaie de repérer les accords qu’il plaque sur l’Epiphone (l’électrique) ou la Gibson (l’acoustique). Valentine me sourit, pas besoin de parler pour se comprendre.

    Les minutes passent à une vitesse de dingue, il y a bientôt deux heures que je suis là, assis sur ce nuage intemporel, comme si rien d’autre autour n’existait.

    Je me suis levé, je suis derrière Valentine et JeanCri , au beau milieu de la scène quand soudain mes oreilles se dressent comme celles d’un animal…

     

  • La grande faucheuse

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    Longtemps, gamin, j’ai joué à la guerre, aux indiens et aux cow-boys, aux chevaliers, aux pirates, j’ai vécu mille morts, des douloureuses, des stupides, des héroïques, des tragiques, des belles et des moins belles. Du haut de l’insouciance de l’enfance, la mort ne me faisait pas peur, c’était un jeu, rien d’autre. Je là savais triste mais elle ne me touchait pas plus que cela.

     

    Les années ont passées, j’ai grandi, mûri,je me suis trouvé confronté à la dure réalité de l’existence, à la violence, la maladie et la mort, la vraie, pas celle des jeux d’enfance, celle qui frappe autour de soi, brutalement, sans discernement. Si c’est çà l’âge de raison, c’est bien triste car c’est le moment où l’on se rend compte que l’être humain est fragile et faible et que les rocs, mêmes les plus solides, peuvent en quelques mois disparaître.

     

    Alors, oui, je le dis sans honte, j’ai peur, l’idée de la mort me tiens éveillé parfois au beau milieu de la nuit et j’essaye tant bien que mal de chasser ces pensées sombres de mon esprit.  Mourir en soi ne m’effraie pas, non. Ce qui me terrorise, en revanche, c’est l’idée de disparaître dans le néant, de n’être plus rien, de ne plus penser, de ne plus réfléchir, de ne plus aimer, de ne plus jouir de la vie. Alors je me bats pour penser à autre chose, pour faire fuir au plus vite ces pensées qui m’obsèdent. Parfois aussi, la disparition de mes proches me terrorise, je n’ose pas imaginer la vie sans eux et là aussi je fais vite le vide dans ma tête.

     

    Ceci explique cela, c’est sans doute une des raisons de l’énergie qui m’habite, de la passion que je mets dans les choses que j’aime, de cette jouissance que j’ai de choses parfois anodines et toutes simples. Parfois, apprécier un paysage, un coin de ciel bleu, se réjouir d’un beau sourire ou d’un doux regard, des mots d’amitiés ou d’amour, tout cela m’aide à m’accrocher à la flamme de vie qui brûle en moi. Je me dis aussi que je vais vivre vieux, que je ne suis qu’à la moitié de mon existence et cela aussi me permet de tenir.

     

    Voila, si certaines ou certains peuvent penser que je suis parfois un peu trop exalté ou un peu trop expansif, elles ou ils pourront peut être maintenant connaître mieux une des raisons, une des causes profondes de cette façon d’être.

    Oui j’aime la vie, oui je la croque à pleine dents, même si elle plante dans mon âme ses crocs acérés plus souvent qu’il ne le faut et parfois si profondément que la guérison est lente. Oui j’aime cette chienne de vie et j’essaye de partager cet optimisme autour de moi et avec vous toutes et vous tous qui me faites le plaisir de me lire.